Full text: Le problème de la marine marchande

LES CHANTIERS FRANÇAIS. l83 
Les Forges et Chantiers ont construit un nombre total de 
1,197 coques, reparties de la manière suivante : 
Chantiers de La Seyiie. ghS 
Chantiers de Gravide 242 
Ils ont enfin livré, comme appareils mécaniques complets, 
plus de 907,000 chevaux-vapeur, sans compter les refontes, 
fournitures de chaudières seules, etc. 
C’est tout au bout du Havre, en un quartier industriel 
immense — dont les hautes cheminées s’empanachent de 
fumées lourdes qui élèvent et étendent leurs épaisses ouates 
jusqu’au niveau des collines environnant la populeuse cité 
— queje vais demander à M. le directeur Bricard l’autori 
sation de visiter les chantiers de Gravide. Il me l’accorde 
très gracieusement. Nous causons de la situation des chan 
tiers français par rapport aux chantiers anglais. M. Bricard 
me déclare qu’au Havre le personnel ouvrier est d’un recru 
tement difficile. L’ouvrier normand n’est pas comme l’An 
glais dévoré du désir d’abattre de la besogne. Il réfléchit, 
ne fait pas de « boulettes », mais ne se presse pas. La Société 
des Forges paie très cher ses ouvriers et n’en obtient pas 
un grand rendement. 
Les matières premières sont coûteuses ; il se produit dans 
les livraisons métallurgiques des retards qui font perdre 
beaucoup de temps. Les exigences des armateurs français, 
qui veulent un ouvrage fini et soigné, ne permettent pas de 
produire à bon marché. M. H. Bricard (') souhaite vivement 
(0 La réserve de M. Bricard est d’autant plus naturelle qu’au moment de la discus 
sion du rapport Estier sur la compensation d’armement, M. Jouét-Pastré, président de 
la Société des forges et clianliers de la Méditerranée, avait acquiescé en ces termes à la 
solntion préconisée par le rapport : 
« Je puis dire, au nom des constructeurs, que la perspective de cette loi va faire sor 
tir de terre d'assez nombreux chantiers de construction. Je sais qu’à Calais, à Dun 
kerque, à Cette, des chantiers vont être créés, ce (jui donne raison à l’opinion que j’ai 
toujours soutenue dans le sein de la sous-commission, à savoir (|ue nous, constructeurs, 
nous ne défendons pas un monopole en réclamant cette loi ; c’est l’industrie nationale 
que nous voulons tlévelojtper. »
	        
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