184 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
que l’iiiduslrie française des constructions maritimes con
tinue à jouir d’une protection efficace vis-à-vis de ses con
currentes étrangères ; mais il ne me paraît pas éprouver à
l’égard de la compensation d’armement les sentiments d’irré
ductible hostilité que j’avais rencontrés chez les construc
teurs nantais.
Des bureaux de la direction où M. Bricard m’a reçu, il
faut une vingtaine de minutes pour se rendre aux chantiers
de Graville, situés sur la rive nord de l’estuaire de la Seine,
un peu en dehors des limites du Havre ; ils s’y développent
sur une superficie de 120,000 metres carrés.
Les chantiers de Graville ont mis à l’eau l’an dernier une
série de voiliers et deux cargo-boats Jirest et Cherbourg,
pourvus de deux hélices actionnées par des machines de
700 chevaux (pii doivent leur faire atteindre une vitesse de
12 nœuds.
Le 20 mars igoi, ils ont lancé le paquebot Algérie, cons
truit pour la Société des Transports Maritimes de Marseille.
Ce vapeur a les dimensions suivantes: longueur, 121’",o5;
largeur au fort, 12"*,85 ; creux, 9^,70 ; tirant d’eau moyen,
6™,4o. Son déplacement correspondant est de 6,617 ton
neaux, et sa jauge brute de 4,200 tonnes. Sa machine, de
2,800 chevaux environ, est à triple expansion et peut lui
imprimer une vitesse de i3 nœuds.
L’administration et les services techniques de l’usine de
Graville sont logés dans un grand bâtiment en bois. M. l’in
génieur en chef Coville veut bien m’accompagner sur les
chantiers. Je lui parle tout naturellement du sujet qui me
préoccupe, du relèvement de la marine marchande et des se
cours qu’elle peut espérer des chantiers français. 11 me dit :
« Nous sommes plus chers que les Anglais, cela n’est pas
douteux. De combien? Les uns disent de 45 p. 100; les
autres de 60 p. 100 ; en réalité, il est impossible de donner