212 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
est donc la mesure de I’cIFort maximum (jue nous pouvons
donner en six semaines ! i47 navires et 700,000 tonnes en
moitié moins de temps — voilà ce que peut réunir TAriqle-
terre sans désorganiser un seul de ses services (’). Quelle
leçon pour nos mégalomanes, dans le simple rapprochement
de ces chi lires !
" Capables de pareils efforts, les armateurs anglais ont la
conscience de remplir un grand rôle patriotique et social, et
là fierté de le dire. Un de leurs présidents, le Right Hon.
VV. J. Pirrie, en prenant possession du fauteuil de la prési
dence de la Chandire syndicale des armateurs du Royaume-
Uni, prononçait récemment un discours dans lequel, après
s’étre félicité de l’activité extraordinaire de l’armement pen
dant ces dernières années, il constatait avec orgueil que le
tonnage sous pavillon anglais dépassait celui de toutes les
autres nations réunies. 11 faisait ressortir l’immense service
(Jlie l’armement anglais avait rendu au pays en alfermissaut,
j)ar l’apparition constante de l’Union Jack Ilot tant à la poupe
des navires de commerce, le lien qui existe entre les colonies
anglaises et la mère patrie :
« Les armateurs out ainsi rendu à l’empire, disait-il, un
service d’une importance incalculable et plus fait pour res
serrer la cohésion de l’agglomérat de races diverses connues
sous le nom d’Empire hritanniipie, que tout ce qu’aurait pu
accomplir l’homme d’Etat le plus habile. »
(i) « Dans un cas comme celui de la guerre du Transvaal, a dit YEnrfineering, l’Alle
magne devrait faire emploi de plus du quart de ses navires marchands, la France de
la moitié, les États-Unis du cinquième (bâtiments naviguant dans les lacs, compris), la
Norvège du tiers, et la Russie, l’Espagne, l’Autriclie-Hongrie et la Suède de la totalité
de leur tonnage, alors que l’Angleterre peut se borner à mobiliser le vinqtiéme de sa
flotte commerciale, nu lieu du (juart comme le ferait la nation la plus favorisée. »
\YEn;/ii>eeriiiq nous Hatte: le corps expéditionnaire de Chine comptait iC,200 hommes
seulement. S'il avait fallu envoyer 200,000 hommes, comme les Anglais au Transvaal,
ainsi que le matéi iel et les animaux nécessaires à une pareille armée, nous n’aurions
pu y arriver qu’en ré(piisitionnanl la presque totalité des navires all’ectés aux services
postaux et aux services réguliers, c’est-à-dire en désorganisant absolument notre com
merce et nos relations avec l'extérieur.