Full text : Le problème de la marine marchande

LES  CHANTIERS  DE  LA  CLYDE.

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par  le  Caledonian  Railway,  dont  un  emliraiicliernent  traverse ­
  Fusille  navale.
Ce  qui  m’a  beaucoup  frappé  dans  ce  cliantier,  c’est  Fextréme
simplicité,  Faspect  fruste  de  ses  aménagements.  On  sent
qu’il  a  grandi  peu  à  peu,  progressant  avec  l’industrie  qui  le
faisait  vivre,  évitant  soigneusement  les  dépenses  somptuaires
et  inutiles,  visant  à  acquérir  le  maximum  de  rendement  avec
le  minimum  de  frais.  Certains  ateliers  installés  sous  des  hangars ­
  ouverts,  accolés  les  uns  aux  autres  sans  souci  de  la
symétrie  ni  du  coup  d’œil,  portent  la  marque  d’une  construction ­
  hâtive  et  légère  destinée  à  parer  à  des  besoins  momentanés, ­
  et  donnent  l’impression  d’un  provisoire  devenu
définitif.  Mais  tous  n’ont  pas  cette  physionomie  :  les  ateliers
de  scierie  et  de  menuiserie  abritent  notamment  leur  outillage
(composé  en  grande  partie  de  machines  américaines)  dans
un  bâtiment  confortable,  et  la  grosse  chaudronnerie,  desservie ­
  par  de  puissants  transbordeurs,  est  installée,  sous  de
grands  halls,  aussi  confortablement  (pi’on  peut  le  désirer.
Il  est  ce|)endant  évident  pour  le  visiteur  (jue  l’argent  ne  fut
pas  gas[)illé  à  Pointhouse,  en  travaux  coûteux  et  inutiles,
comme  dans  tel  ou  tel  de  nos  grands  chantiers  français  !
L’outillage  de  la  maison  Inglis  n’a  rien  de  particulièrement
remarquable;  aucune  machine  que  je  n’aie  déjà  vue  dans  un
chantier  français  n’y  a  sollicité  mon  attention.  Pour  la  construction ­
  des  coques,  le  rivetage  et  le  matage  s’opèrent  à  la
main,  sans  le  secours  des  machines  pneumatiques  nouvelles.
MM.  Inglis  songent  cependant  à  réaliser  certaines  améliorations, ­
  et  vont  à  bref  délai  substituer  l’électricité  aux  machines ­
  à  vajieur  qui  fournissent  la  force  motrice.
Quant  au  personnel,  il  ne  m’a  pas  semblé  plus  actif  que
celui  de  nos  chantiers  français  ;  mais  dans  le  travail  à  la
tâche,  il  produit  davantage,  grâce  à  la  coordination  de  ses
efforts.  Ouvriers  et  manœuvres  sont  groupés  par  équipes
            
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