Full text : Le problème de la marine marchande

254  LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.
(le  (jualre  à  huit  personnes  ;  le  chef  d’é(|uipe  diriçje,  par  de
simples  gestes,  les  mouvements  de  ses  camarades.  Pas  une
minute  n’est  perdue  en  hésitations,  en  reclierche  de  matériaux; ­
  les  toles,  les  cornières  arrivent  régulièrement  aux
machines-outils,  et  sont  poinçonnées,  percées,  cisaillées,
avec  une  justesse  et  une  rapidité  surprenantes.  Des  contremaîtres ­
  en  veston  et  chapeau  rond  surveillent,  sans  jamais
mettre  la  main  à  la  pâte,  les  ateliers  ou  les  cales,  en  se  bornant ­
  à  donner  parfois  les  brèves  indications  qu’ils  jugent
nécessaires.  Le  travail  s’opère  avec  ordre  et  méthode.
La  maison  Inglis  construit  le  navire  depuis  la  coque  jusqu’à
la  mâture  ;  elle  fabrique  ses  machines  marines  dans  un  autre
quartier  de  Glasgow,  à  Anderston,  où  ses  ateliers  occupent
800  ouvriers.  La  plupart  des  ateliers  mécaniques  de  Glasgow
sont  d’ailleurs  situés  dans  l’intérieur  de  la  ville,  à  la  différence
des  chantiers.  Une  locomobile  remorquant  deux  grands  wagons-plates-formes ­
  fait  le  va-et-vient  entre  Anderston  et  les
chantiers  de  Poinlhouse,  où  la  construction  des  coques  emploie ­
  à  elle  seule  i,3oo  personnes.
MM.  Inglis  se  montrent  satisfaits  de  l’activité  générale  du
Centre  de  la  Clyde,  en  ce  qui  touche  leur  industrie.  Il  y  a
cin([  ans,  celle-ci  subit  une  dépression  ;  les  commandes  manquèrent, ­
  et,  pour  ne  pas  fermer  les  chantiers,  beaucoup  de
constructeurs  se  virent  obligés  de  travailler  à  découvert,
sans  avoir  la  certitude  de  vendre  les  bâtiments  qu’ils  lançaient. ­
  La  maison  Inglis  fut  du  nombre  :  elle  exécuta  plusieurs ­
  navires  qui  ne  lui  étaient  pas  commandés,  mais  elle
eut  soin  de  choisir  un  type  répondant  aux  besoins  des
Compagnies  qui  étaient  ses  clientes  habituelles.  Son  calcul
lui  réussit  ;  dès  que  les  affaires  reprirent,  elle  écoula  sans  la
moindre  difficulté  et  à  d’excellentes  conditions,  son  stock
de  navires  en  réserve,  dont  (juelques-uns  étaient  fort  importants ­
  puisiju’ils  jaugeaient  plus  de  5,000  tonneaux.
            
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