LES CHANTIERS DE LA TYNE ET DE LA WEAR. 277
De nouveau, les ondulations de terrain reparaissent, le
cheniiu de fer Nord-Eastern-Railway en suit la crête; la
perspective n’olfre plus des deux cotés de la Tyne que
chantiers et usines. Le terrain est brûlé par cette activité
ambiante qui le stérilise ; des tranchées et des fondrières
viennent par surcroît le bouleverser ; l’industrie va fouiller
le sol pour y chercher l’arqile dont elle a besoin et remplit
l’excavation qu’elle a ainsi creusée de rebuts et de scories
sur lesquels l’herbe ne jioussera plus.
Les fonderies, les usines de ciment et de produits chimi
ques, les fabrhpies, les minoteries, les tuileries, les ateliers
mécaniques,, les forqes, etc., peuplent l’horizon. Plusieurs
de ces établissements sont arrêtés, vaincus par la concur
rence allemande ou américaine. L’industrie chimique an
glaise notamment a dû complètement baisser pavillon de
vant sa rivale d’outre-Uhin.
Soudain la Tyne s’élargit à perte de vue : nous sommes
en face du bassin de Jarrow et des immenses quais de Nor
thumberland, où une quinzaine de gigantesques estacades
permettent aux voies ferrées environnantes le décharqement
commode de la houille par le culbutage direct des wagons
dans les cales de la Hotte considérable qu’attire à Newcastle
la certitude d’y trouver du fret.
Puis nous accostons à l’entrée du port de la Tyne; une
jetée étroite livre passage aux bateaux qui s’entassent dans
le bassin; nous sommes à South-Shields; un nouveau et
grand port se révèle à nos yeux; parmi les navires que croise
notre remorqueur, nous saluons au passage les couleurs
tricolores arborées au pavillon de quelques voiliers, mais
nous n’ajiercevons aucun vapeur français.
L’animation de la Tyne, eu cette partie de sou parcours,
est extrême : le mouvement général des transports de cette
rivière (Newcastle, North-Shields et South-Shields) atteint en