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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
les déterminer, notamment pour le cabotage international,
à acquérir leurs navires sur le grand marché naval du
l\oyaumc-Uni.
N’existe-t-il pas un moyen de parer à ces dangers, de
décourager à l’avance la spéculation projetée par le cour
tage londonien, d’assurer à nos chantiers les commandes
qu’ils sont en droit d’espérer, de ne prendre en un mot
dans la compensation d’armement que ce qui est bon^ pour
en rejeter ce qui est mauvais?
Notre l'erme croyance est que ce résultat peut être atteint
par la modification de certaines dispositions du projet et,
notamment, par l’adjonction du système de la commande
couplée au ionctionnement même de la compensation d’ar
mement.
Ou’est-ce que la « commande couplée » ? Nous la défini
rions volontiers, dans le cas actuel : l’obligation imposée à
un armateur, en retour de la compensation d’armement qu’il
jierçoit pour un navire acheté au dehors, de commander un
autre haliment du même tonnage à l’industrie française des
constructions navales.
L’armateur qui, désireux de garder sa pleine liberté, re
nonce volontairement aux laveurs du budget, peut acquérir
sa Hotte où bon lui semble. L’État ne lui donnant rien, ne
lui demande rien. Mais celui qui bénéficie des sacrifices
laits par la collectivité pour rendre son industrie person
nelle prospère, est placé dans une situation toute diliérente.
L’État, en le subventionnant par la compensation, prend à
' sa charge des obligations fort lourdes, et a le droit de ré
clamer, [)ar une juste réciprocité, à cet armateur qu’il sou
tient, (pi’il paie, qu’il enrichit, certains engagements cor
respondants, et ceitaines garanties particulières. C’est en
somme un contrat qui s’établit entre l’État — lepixisentant
de l’intérêt général — et l’armatinir, contrat parlaitement