NOTRE FLOTTE COMMERCIALE.
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lie fut mal employé, pas nue parcelle de cet elîorl n’est de
meurée improductive : notre voisine s’est déterminée d’après
les chances d’avenir de chaque centre, s’inspirant de l’in
térêt qénéral et non des intérêts purement locaux. Les ports,
1 lamhourq, Brême, Stettin, Dantziq, etc., choisis avec dis
cernement, ont été transformés par de qrands travaux,
ce[)endant que se diriqeait vers eux, au moyen des canaux
et des voies de communication multiples, le grand afflux
des marchandises intérieures. Sûrs de trouver dans leurs
docks du fret de sortie, en même temps ([ue des marchés
pour la cargaison importée, les navires s’y sont naturelle
ment rendus en foule et y ont amené en quelques années un
mouvement commercial intense.
Une fois de plus, la méthode germanique nous a donné
une leçon, dont nous continuons d’ailleurs à ne pas profiter.
Comme l’a spirituellement dit M. Schvvoh : « C’est un Fran
çais (pii a écrit le Discours sur la Méthode et ce sont les
Allemands qui le mettent en action. »
L’argent dépensé par nous le fut si mal (pie nous n’avons
pas un port français comparable, au point de vue de l’ins
tallation, des facilités de manutention et de l’outillage, à
Brême ou à Anvers. Le transatlantique La Lorraine ne.
trouve pas au Havre, son port d’attache, un bassin de
radoub, et est obligé pour les moindres réparations de se
rendre à Southampton.
D’autres encouragements, plus directs encore que les cré
dits des ports, sont attribués à la marine marchande sous
forme de subventions et de primes.
Le budget paie annuellement (') aux compagnies mari
times subventionnées les sommes suivantes :
(i) Voir le projet de loi portant fixation du budget général des dépenses et des re
cettes de l’exercice igoi, chapitres 18 à 27 (Budget du ministère du commerce, de l’in
dustrie et des postes et télégraphes).