223
L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
Ce différend porte aussi sur une question de frontière. Les juges
sont nommés par les Etoliens ; nous ne connaissons ni leur nombre
ni leur origine. Les frontières sont déterminées avec une grande
exactitude. Le jugement est signé par des témoins instrumentaires ;
on ne peut pas non plus constater la patrie de ceux-ci.
On voit donc qu’au sein de la Ligue étolienne, dont 1 organisation
concordait dans ses traits principaux avec celle de la Ligue achéenne,
que l’arbitrage était employé pour trancher des différends entre deux
villes appartenant à la Ligue. Comme on 1 a dit plus haut, on doit
même admettre que c’était une condition pour pouvoir faire partie
de la Ligue. Dans les deux cas connus ce sont les autorités de la
Ligue qui choisissent les arbitres. Le fait même que les principaux
personnages du conseil signent comme témoins instrumentaires, montre
combien la Ligue considérait ces affaires comme de son ressort.
Quand il est dit que «les Etoliens» choisirent les juges, cela signifie
sans doute l’autorité souveraine elle-même, c est-à-dire 1 assemblée
de la Ligue 1 .
Pour la Ligue étolienne non plus, nous ne connaissons aucun
exemple que la Ligue ait elle-même jugé de semblables différends
par l’organe de ses autorités. Bien entendu ceci n’exclut pas que ce
cas ait pu se présenter. De même, ce que nous avons dit plus haut
sur la Ligue achéenne s’applique ici ; c’est-à-dire que l’on doit
admettre que la Ligue mettait fréquemment fin à cette sorte de diffé
rends en intervenant comme médiatrice. Nous connaissons un cas
comme celui-là pour les Etoliens. Ce fut lorsque Messène et Phigalie
se joignirent toutes deux à la Ligue et que celle-ci concilia un diffé
rend de frontière survenu entre ces deux villes 2 . C’est ce même
désaccord qui plus tard, lorsque ces deux états firent partie de la
Ligue achéenne, se termina par une sentence arbitrale, probable
ment rendue par Mégalopolis. Nous apprenons ici que les Etoliens
envoyèrent des ambassadeurs qui concilièrent le différend, à la suite
1 Wilcken dans Paulys Realenc. ed. Wissowa I, p. 1120. — s n° LI.