Full text: L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES 
Ce différend porte aussi sur une question de frontière. Les juges 
sont nommés par les Etoliens ; nous ne connaissons ni leur nombre 
ni leur origine. Les frontières sont déterminées avec une grande 
exactitude. Le jugement est signé par des témoins instrumentaires ; 
on ne peut pas non plus constater la patrie de ceux-ci. 
On voit donc qu’au sein de la Ligue étolienne, dont 1 organisation 
concordait dans ses traits principaux avec celle de la Ligue achéenne, 
que l’arbitrage était employé pour trancher des différends entre deux 
villes appartenant à la Ligue. Comme on 1 a dit plus haut, on doit 
même admettre que c’était une condition pour pouvoir faire partie 
de la Ligue. Dans les deux cas connus ce sont les autorités de la 
Ligue qui choisissent les arbitres. Le fait même que les principaux 
personnages du conseil signent comme témoins instrumentaires, montre 
combien la Ligue considérait ces affaires comme de son ressort. 
Quand il est dit que «les Etoliens» choisirent les juges, cela signifie 
sans doute l’autorité souveraine elle-même, c est-à-dire 1 assemblée 
de la Ligue 1 . 
Pour la Ligue étolienne non plus, nous ne connaissons aucun 
exemple que la Ligue ait elle-même jugé de semblables différends 
par l’organe de ses autorités. Bien entendu ceci n’exclut pas que ce 
cas ait pu se présenter. De même, ce que nous avons dit plus haut 
sur la Ligue achéenne s’applique ici ; c’est-à-dire que l’on doit 
admettre que la Ligue mettait fréquemment fin à cette sorte de diffé 
rends en intervenant comme médiatrice. Nous connaissons un cas 
comme celui-là pour les Etoliens. Ce fut lorsque Messène et Phigalie 
se joignirent toutes deux à la Ligue et que celle-ci concilia un diffé 
rend de frontière survenu entre ces deux villes 2 . C’est ce même 
désaccord qui plus tard, lorsque ces deux états firent partie de la 
Ligue achéenne, se termina par une sentence arbitrale, probable 
ment rendue par Mégalopolis. Nous apprenons ici que les Etoliens 
envoyèrent des ambassadeurs qui concilièrent le différend, à la suite 
1 Wilcken dans Paulys Realenc. ed. Wissowa I, p. 1120. — s n° LI.
	        
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