Notes
(1) Mon ami Victor Adler a remarqué très justement, dans
l’article qu’il a écrit le jour des funérailles d’Engels, que le
socialisme, tel que Marx et Engels le comprenaient, est une doc-
trine non seulement économique, mais aussi universelle. (Je cite
d’après l’édition italienne : F. Engels, Economie politique.
Introduction et notes biographiques et bibliographiques, par
Filippo Turati, Victor Adler et Karl Kautsky, Milan 1895). Mais
plus est vraie cette caractéristique du socialisme tel que le com-
prenaient Marx et Engels, plus est étrange l’impression que l’on
ressent en voyant Victor Adler admettre la possibilité de rem-
placer la base matérialiste de cette « doctrine universelle » par
une base kantienne. Que penser d’une doctrine universelle dont
la base philosophique n’a aucune liaison avec tout son édi-
fice ? Engels écrit : « Marx et moi, nous étions à peu près les
seuls à avoir transposé la dialectique consciente dans la con-
ception matérialiste de la nature et de l’histoire » (v. préface
à la 3° édition de l’Anti-Dühring). Ainsi les pères du socialisme
scientifique, malgré certains de leurs adeptes actuels, étaient
des matérialistes conscients, non seulement en histoire, mais
aussi en sciences naturelles et physiques.
(2) Dans un article spécial consacré à Dietzgen (Sovré-
mionny Mir, 1907, n° 7, reproduit dans le recueil intitulé De
la défense à l’attaque [ Œuvres, t. XVII]) Plékhanov démontre
que « les écrits de cet ouvrier exceptionnellement doué ne
renferment en théorie absolument rien qui puisse être consi-
déré comme nouveau comparativement à ce qui est déjà contenu
dans les écrits de Marx, d’Engels et de Feuerbach >.
Plékhanov se trompe en disant que, jusqu’à présent, on
n’avait pas essayé de « compléter Marx » par Thomas d’Aquin.
Dans une série d’aperçus très intéressants consacrés aux théo-
ries de Marx, qu’il estime être le plus grand économiste de tous