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“ L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Les plaines de ces deltas, au Tonkin, au Cambodge,
en Cochinchine, en Annam même, enrichies, chaque année,
par les apports alluvionnaires de ses grands fleuves et
de ses multiples rivières, sont éminemment propres à la
culture du riz. Ses hautes vallées, ses plateaux supéricurs
sont couverts de magniffques forêts. Les plateaux de ses
montagnes sont riches en minéraux de toutes sortes. Ses
mers chaudes regorgent de poissons. Dans les terres basses,
principalement au Tonkin et surtout en Cochinchine, le
riz constitue la culture par excellence. L’Indochine pro-
duit annuellement 8 000 000 de tonnes de riz. Elle en
consomme 6 000 000 de tonnes et en exporte près de
2 000 000 de tonnes.
Les exportations se font à peu près, par moitié, sur
la France et sur les pays d’Extrême-Orient qui lui sont
voisins, surtout sur ce grand emporium qu’est Hong-Kong.
Dans la seule Cochinchine, en quarante-quatre ans,
de 1879 à 1923, la superficie des rizières a, grâce aux tra-
vaux d'irrigation poursuivis par l'administration, passé
de 400 000 hectares à 1 900 000 hectares. Le programme
en cours s’accomplissant normalement, cette superficie
atteindra, dans une vingtaine d’années, 6 à 7 millions
d’hectares. Un tel exemple n’est-il pas pour réduire à
néant les clameurs de ceux qui se plaisent à condamner les
méthodes de colonisation de la France et à prétendre
qu’elle a failli à ses devoirs à l’égard des peuples dont elle
a pris la tutelle?
Dans les terres rouges qui se trouvent au-dessus des
terres alluvionnaires, le caoutchouc, l’hévéa Brasiliensis,
réussit admirablement. Les planteurs qui ont eu, avant
la guerre, la sagesse de suivre les exemples des colonies
étrangères voisines, des Anglais, dans la presqu’îile de
Malacca, des Hollandais aux Indes néerlandaises, se sont
rapidement enrichis, au cours des dernières années. Aussi,
maintenant, les plantations d'hévéas se multiplient-elles
dans toutes les parties de l’Indochine propres à cette cul-