Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

26 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
l’un dans l’Eglise, il met l’autre dans le Barreau ; si un 
troisième veut faire le commerce, il lui fournit les 
moyens de devenir commerçant ; mais la profession du 
cultivateur est toujours préférée, parce que personne ne 
rougit de l’être » (1). 
On trouvait chez les propriétaires ruraux « non le 
vernis du monde, mais le bonhomie de l’hospitalité, une 
table servie sans profusion, de bons mets sans être 
délicats, d’excellente bière et de bon vin » (2). 
La campagne était le centre de l’activité industrielle 
de cette époque C’est dans les villages, spécialement 
dans ceux de la Flandre, que se fabriquaient les belles 
toiles qui faisaient le renom du pays. Les tisserands 
étaient des agriculteurs, qui, en hiver surtout et pendant 
les chômages, se consacraient au métier. Il travaillaient 
pour leur propre compte (3), apportaient les produits 
de leur travail aux marchés de Gand, Courtrai, Ypres, 
etc. Là, les négociants achetaient les toiles et les ex 
pédiaient vers les ports d’Espagne, la Hollande, l’Alle 
magne, la France et le Portugal. En 1800, on avait 
recensé 21,821 individus occupés dans le département 
de l’Escaut (Flandre orientale) à tisser les toiles. 110.033 
personnes, notamment des femmes, s’adonnaient à la 
filature du lin (4). Les fileuses n’étaient pas à propre 
ment parler des ouvrières ; mais toutes les femmes occu 
paient ainsi leurs heures de liberté, — car une bonne 
(1) Le Voyageur : 1. c. p. v. I, p. 11. 
(2) Ib. 
(3) Failpoult : Mémoire statistique du département de l’Escaut. 
Paris, an XIII p- 128. 
(4) Ib- p. 129.
	        
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