Object: Oeuvres complètes

i 94 
PRINCIPES DE L'ECONOMIE POLITIQUE. 
» des subsistances continue à hausser. A cet égard, nous agissons 
» à peu près comme si, lorsque le mercure, dans le baromètre ordi- 
» uaire, mar(|ue Vorage, nous allions le faire monter, en employant 
» quelque pression forcée, de manière à le mettre au beau fixe, 
» et si alors nous nous étonnions beaucoup de ce qu’il continue de 
» pleuvoir. » 
Le prix du travail marquera clairement les besoins de la société 
par rapport à la population ; il sera précisément suffisant pour 
fournir aux besoins de la population que suppose et exige l’état des 
fonds destinés à cette époque à l’entretien des travailleurs. Si leurs sa 
laires n’étaient auparavant que suffisants pour satisfaire aux besoins 
de la population, après l’impôt ils deviendront insuffisants; car le 
travailleur aura moins à dépenser pour l’entretien de sa famille. Le 
travail haussera donc de prix, parce que la demande se soutient ; 
et c’est uniquement par un prix plus haut que l’oflre peut ne pas 
être contrariée*. 
Rien n’est plus commun que de voir les chapeaux, ou la drèche 
renchérir quand ou y met des impôts ; ces objets montent, parce que, 
s’ils ne montaient pas, on ne pourrait point en fournir l’approvi 
sionnement nécessaire. 11 en est de même du travail; quand les sa 
laires sont imposés, il augmente de prix; car, s’il ne montait pas, 
il serait impossible que la population nécessaire pût se maintenir. 
M. Buchanan n’admet-il pas lui-même tout ce que nous prétendons 
prouver, que « si, en elfet, le travailleur se trouvait réduit à avoir 
•> uniquement de quoi se procurer les choses de première nécessité, 
“ son salaire ne pourrait plus soulfrir de diminution, car il lui serait 
» impossible d’entretenir sa famille à de telles conditions. » 
Supposons que le pays se trouve dans des circonstances telles, 
que les moindies travailleurs soient appelés, non-seulement à en 
tretenir leur famille, mais enclore à l’augmenter, leurs salaires seront 
réglés eu conséquence. Bourraient-ils multiplier, si l’impôt leur 
enlevait une partie de leur salaire et les réduisait à l’absolu néces 
saire ? 
11 est hors de doute qu’une denrée imposée ne haussera pas de 
■ il est impossible d'accorder à l’auteur que la demande du travail reste la 
même lorsque le travail augmente de prix. Si donc, l’ouvrier quand ou le force à 
payer un nouvel impôt, voulait s’eu faire rembourser par ceux qui l’emploient, 
à coup sûr la demande faite par ceux-ci diminuerait, il n’y a pas de fait plus con 
stant et mieux expliqué dans toute l’économie politique. — J.-B. Sav .
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.