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PRINCIPES DE L'ECONOMIE POLITIQUE.
» des subsistances continue à hausser. A cet égard, nous agissons
» à peu près comme si, lorsque le mercure, dans le baromètre ordi-
» uaire, mar(|ue Vorage, nous allions le faire monter, en employant
» quelque pression forcée, de manière à le mettre au beau fixe,
» et si alors nous nous étonnions beaucoup de ce qu’il continue de
» pleuvoir. »
Le prix du travail marquera clairement les besoins de la société
par rapport à la population ; il sera précisément suffisant pour
fournir aux besoins de la population que suppose et exige l’état des
fonds destinés à cette époque à l’entretien des travailleurs. Si leurs sa
laires n’étaient auparavant que suffisants pour satisfaire aux besoins
de la population, après l’impôt ils deviendront insuffisants; car le
travailleur aura moins à dépenser pour l’entretien de sa famille. Le
travail haussera donc de prix, parce que la demande se soutient ;
et c’est uniquement par un prix plus haut que l’oflre peut ne pas
être contrariée*.
Rien n’est plus commun que de voir les chapeaux, ou la drèche
renchérir quand ou y met des impôts ; ces objets montent, parce que,
s’ils ne montaient pas, on ne pourrait point en fournir l’approvi
sionnement nécessaire. 11 en est de même du travail; quand les sa
laires sont imposés, il augmente de prix; car, s’il ne montait pas,
il serait impossible que la population nécessaire pût se maintenir.
M. Buchanan n’admet-il pas lui-même tout ce que nous prétendons
prouver, que « si, en elfet, le travailleur se trouvait réduit à avoir
•> uniquement de quoi se procurer les choses de première nécessité,
“ son salaire ne pourrait plus soulfrir de diminution, car il lui serait
» impossible d’entretenir sa famille à de telles conditions. »
Supposons que le pays se trouve dans des circonstances telles,
que les moindies travailleurs soient appelés, non-seulement à en
tretenir leur famille, mais enclore à l’augmenter, leurs salaires seront
réglés eu conséquence. Bourraient-ils multiplier, si l’impôt leur
enlevait une partie de leur salaire et les réduisait à l’absolu néces
saire ?
11 est hors de doute qu’une denrée imposée ne haussera pas de
■ il est impossible d'accorder à l’auteur que la demande du travail reste la
même lorsque le travail augmente de prix. Si donc, l’ouvrier quand ou le force à
payer un nouvel impôt, voulait s’eu faire rembourser par ceux qui l’emploient,
à coup sûr la demande faite par ceux-ci diminuerait, il n’y a pas de fait plus con
stant et mieux expliqué dans toute l’économie politique. — J.-B. Sav .