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A. RÆDER
Le Struses dont il est ici question doit être le même que le
satrape Struthas dont il est question ailleurs. 1 Cette affaire d’arbi
trage doit, à cause de cela, être survenue peu après que l’hégémonie
perse avait été réorganisée sur l’Ionie, peut-être même très tôt après
392. Le Tribunal qui juge est le tribunal de la Ligue ionienne, qui
se composait d’envoyés des villes de la Ligue.
XVIII.
ATHENES propose a SPARTE un arbitrage avec MEGÄRE
COMME JUGE. VERS LAN 390
D’après une anecdote venue jusqu’à nous 2 , les Athéniens auraient
proposé au roi des Spartiates, Agesipolis, de faire régler la situation
réciproque des Spartiates et d’Athènes par un arbitrage avec Mégare
comme juge. Agesipolis aurait repoussé le projet en faisant remar
quer qu’il serait honteux de paraître croire que les Etats les plus
importants de l’Hellade connaissaient moins bien la loi et le droit
que Mégare.
Il n’y a pas lieu de dire avec E. Sonne 3 que toute l’histoire est
inventée. 4 Lorsque Agesipolis était roi, (394 à 380) cette circon
stance peut s’être présentée pendant la guerre de Corinthe, car alors
Athènes et Sparte étaient en opposition. Quand Agesipolis monta
sur le trône, il n’était pas encore majeur ; 5 la proposition d’Athènes
doit donc avoir était faite plus tard, pendant la guerre. Autant que
nous pouvons le voir, ce n’est qu’en 390 qu’Agesipolis prend le
commandement d’une armée ; 6 il envahit alors l’Argolide. C’est sans
doute à cette époque que l’épisode a eu lieu ; plus tard, nous ne
connaissons pas de situation qui puisse concorder. On ne connaît
pas les détails des circonstances et la forme de la proposition athé
nienne.
1 Xénophon Hell. IV, 8, 17. Diodore XIV, 99, 2. — 2 Plutarque Apoph. Lac.
§ 15- — 3 1. c. p. 11—12, — 4 cfr. V. Bérard 1. c. p. 24. — 5 Xénophon, Hist. Graec.
IV, 2, 9. — 6 Xénophon 1. c. IV, 7, 2.