Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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L’INDÉPENDANCE DE LA GRÈCE. 
affaires de Grèce pouvaient produire si la politique russe 
devenait tout à coup plus nette et plus hardie, y entre 
voyant même la possibilité d’une dissolution de l’empire 
ottoman qui ne pouvait qu’être funeste aux intérêts autri 
chiens sur le Danube et par surcroît ruiner les principes 
conservateurs de la Sainte-Alliance, conseillait au sultan 
une répression énergique et rapide, excitait sa colère contre 
les rebelles. Aussi exerçait-il à Constantinople une influence 
très écoutée, comparable à celle que tout récemment l’Alle 
magne a acquise auprès du sultan Abd-ul-Hamid II, encore 
contre les Grecs et pour le plus grand avantage économique 
et politique des puissances de l’Europe centrale. Le sultan 
n’avait pas alors de troupes suffisamment solides pour écraser 
en quelques mois le soulèvement des Grecs ; il préparait la 
destruction des Janissaires et n’avait encore rien pour les 
remplacer. On affirme que c’est sur le conseil de l’inter- 
nonce d’Autriche que Mahmoud demanda au pacha d’Égypte 
sa flotte et son armée pour vaincre l’insurrection. 
Par un firman en date du 16 janvier 1824, le sultan 
confia donc cette mission à Méhémet-Ali, l’appelant déjà 
a l’exterminateur des Infidèles », et lui promettant en 
récompense les pachaliks de Candie et de Morée. Le pacha 
s’en réjouit : son ambition y trouvait son compte ; il avait 
là l’occasion d’étendre sa puissance sur toutes les mers du 
Levant. 
Ses troupes furent bientôt prêtes. Dès le mois de juillet 
suivant, 16.000 fantassins, 800 chevaux, une nombreuse 
artillerie furent embarqués à Alexandrie sur 60 vaisseaux, 
sous le commandement du fils adoptif de Méhémet, 
Ibrahim-pacha, et du Français Sèves, devenu Souleï- 
man-ney 
Ibrahim passa d’abord par Rhodes où il rallia une flotte 
turque qui n’osait en sortir par peur des Grecs, longea 
ensuite la côte d’Asie mineure pour y prendre d’autres 
renforts. Miaoulis, qui le cherchait, se jeta sur lui dans les 
eaux de Samos, lui détruisit une partie de ses vaisseaux ; 
les Égyptiens poursuivis, harcelés à travers les Cyclades, 
tombèrent près de Naxos au milieu des brûlots de Canaris ; 
ils y laissèrent quelques centaines d’entre eux. Ils se réfu- 
'gièrent dans une rade de Candie; Miaoulis et Canaris les 
iy suivirent, continuèrent leur œuvre de destruction, empê 
chèrent Ibrahim de prendre le large : il dut se résigner à 
hiverner dans l ile, où il refit ses forces par quelques pilla-
	        
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