Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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L’INDÉPENDANCE  DE  LA  GRÈCE.
perd  une  partie  de  son  armée,  recule,  brûle  en  s’éloignant
tous  les  oliviers  de  la  plaine,  détruit  Argos.  Sauf  Nauplie,
il  est  maître  de  toute  la  Morée,  et  se  retire  à  Tripolitza,  où
il  organise  sa  conquête,  ou  plutôt  le  pillage  de  sa  conquête,
le  massacre  de  ses  nouveaux  sujets.
Cependant  la  Grèce  continentale  n’était  pas  plus  heureuse
que  la  Morée.  Elle  avait  été  presque  entièrement  reconquise
par  le  pacha  de  Roumélie,  Rachyd,  qui,  au  commencement
de  l’année  1825,  vint  mettre  le  siège  devant  Missolonghi  ;
4.000  soldats  d’élite  y  étaient  enfermés  sous  le  commandement ­
  de  Botzaris.  Les  tranchées  de  siège  furent  ouvertes ­
  sous  la  direction  d’ingénieurs  autrichiens  ;  l’amiral
ottoman  Topal-pacha  acheva  l’investissement  en  bloquant
le  port.  Quelques  brèches  pratiquées  dans  les  murailles,
Rachyd-pacha  ordonna  plusieurs  assauts  ;  ils  furent  tous
repoussés.  Il  se  résigna  à  prendre  la  ville  par  la  famine  :
Miaoulis  arriva,  passa  à  travers  les  vaisseaux  de  Topai  en
en  brûlant  quelques-uns,  ravitailla  les  assiégés.  Furieux,
les  Turcs  ordonnèrent,  le  21  décembre,  une  formidable
attaque  ;  ils  crurent  triompher,  ils  escaladèrent  la  muraille,
ils  pénétrèrent  dans  la  brèche.  Tout  à  coup  une  épouvantable ­
  explosion  préparée  par  les  Grecs  fît  sauter  tout  un  pan
des  murs  et  plus  de  2.000  Ottomans.  Rachyd,  désespérant
de  l’emporter,  appela  à  son  secours  Ibrahim.
Celui-ci,  ayant  obtenu  la  permission  de  son  père  et  8.000
hommes  de  renfort,  arriva  quelques  semaines  après  et  prit
la  direction  du  siège.  Lui  aussi  tenta  l’assaut  ;  il  fut  repoussé
et  de  nouvelles  explosions  de  mines  lui  tuèrent  beaucoup
d’hommes.  Lui  aussi  fut  réduit  à  ne  compter  que  sur  la
famine  pour  forcer  la  ville  à  se  rendre.  11  organisa  un  blocus
rigoureux  ;  il  enleva  les  ilôts  de  la  rade,  Vassilidi,  Klissova,
y  porta  ses  canons,  et,  quand  Miaoulis  se  présenta  pour
secourir  les  assiégés,  il  ne  put  passer  entre  les  feux  de  l’artillerie ­
  égyptienne.  Après  quinze  mois  d’une  résistance
admirable,  les  habitants  de  Missolonghi  durent  songer  à  se
rendre  ;  quelques-uns,  refusant  de  quitter  la  ville,  résolurent ­
  de  se  faire  sauter  ;  d’autres,  en  deux  colonnes,  essayèrent ­
  de  percer  la  ligne  des  assiégeants;  l’une  des  deux
colonnes  fut  surprise  par  Ibrahim,  rejetée  et  poursuivie
dans  la  ville.  Les  Égyptiens  y  entrèrent  en  même  temps  ;
les  Grecs  se  défendirent  rue  par  rue,  détruisant  leurs  maisons ­
  pour  y  ensevelir  avec  eux  le  plus  grand  nombre  possible ­
  de  leurs  ennemis.  Le  primat  Christos  Kapsalis  était
            
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