Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L»ÍÍÍTERVENTI0N  EUROPÉENNE  127
Il  courait  pourtant  là  de  gros  risques  ;  il  n’avait  plus  que
15.000  hommes  ;  une  attaque  sur  Constantinople  eût  été  une
folie  ;  sa  petite  troupe  pouvait  être  facilement  délogée  d’Andrinople,
  peut-être  cernée  et  écrasée,  si  les  pachas  turcs  de
la  Macédoine  et  de  l’Albanie  étaient  arrivés  ;  en  tout  cas,
elle  ne  pouvait  pas  s’y  maintenir  longtemps,  et  il  était  à
craindre  que  l’heureuse  audace  de  Diébitch  Zabalkanski  ne
s’achevât  par  un  désastre.  Heureusement,  les  négociations
ouvertes  avec  le  sultan  aboutirent  vite,  et  le  14  septembre
1829,  le  traité  d’Andrinople  fut  signé.
La  diplomatie  européenne  n’avait  pas  attendu  le  résultat
de  la  guerre  turco-russe  pour  essayer  d’y  mettre  fin  au  plus
tôt.  Depuis  la  rupture  des  relations  avec  la  Porte,  au  lendemain ­
  de  Navarin,  les  ambassadeurs  à  Londres  avaient
recherché  le  moyen  d’apaiser  le  conflit.  Le  gouvernement
ottoman  se  montrant  plus  traitable  en  proportion  de  ses
revers,  la  Conférence  de  Londres  avaient  abouti  au  protocole
du  22  mars  1829:  la  Grèce  devait  comprendre  les  Cyclades,
la  Morée,  et  la  région  continentale  jusqu’aux  golfes  d’Arta
et  de  Volo  ;  elle  serait  gouvernée  par  un  prince  chrétien
choisi  par  les  puissances  et  paierait  un  tribut  annuel  au
sultan.
Ce  protocole  servit  de  base  au  traité  d’Andrinople.  La
Russie  garda  les  îles  des  Serpents,  poste  d’observation  aux
embouchures  du  Danube,  et  quelques-unes  des  places  conquises ­
  dans  la  Transcaucasie,  Anapa,  Poti,  Akhaltsikh,
Akhalkalaki;  les  droits  de  la  Serbie,  de  la  Moldavie,  de  la
Valachie  furent  confirmés,  et  même  augmentés  pour  ces
deux  dernières  principautés  en  ce  point  que  leurs  hospodars
seraient  désormais  élus  à  vie,  et  non  pas  seulement  pour
sept  ans.  Un  hatti-chérif  proclama,  en  novembre  1829,  l’autonomie ­
  de  la  Serbie.  Pour  la  Grèce,  le  traité  reproduisait
les  termes  du  protocole  du  22  mars.
Le  tsar  obtint  le  libre  passage  des  détroits,  le  libre  commerce ­
  sur  la  mer  Noire  et  dans  tout  l’empire  ottoman  pour
les  sujets  russes,  et  une  indemnité  de  guerre  de  137  millions
de  francs,  avec  le  droit  d’occuper  provisoirement  la  Bulgarie ­
  et  les  principautés,  jusqu’à  l’entier  paiement  de  cette
somme.
C’était  un  éclatant  succès  pour  la  politique  de  Nicolas  I".
Selon  la  tradition  diplomatique  de  ses  prédécesseurs,  et
surtout  de  Catherine  II,  il  pouvait  faire  parade  de  modération ­
  ;  mais  il  s’attribuait,  au  lieu  de  satisfactions  matérielles
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.