Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES AFFAIRES DE CRÊTE. 
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rie et la réforme de la justice en Crète. Le gouvernement 
ottoman y apporta bien quelques retards par des objections 
mesquines, selon la coutume de ses atermoiements, refusant 
d’admettre les étrangers dans la gendarmerie Cretoise, 
demandant le maintien des anciens tribunaux. Il en passa 
pourtant assez vite par les volontés des puissances et 
approuva, le 28 décembre 1896, le projet d’organisation de 
la gendarmerie crétoise et, le 27 janvier 1897, le projet de 
réforme judiciaire. La commission consulaire de La Canée 
entra en fonctions, aida à l’application du nouveau régime, 
qui devait assurer la prospérité de l'île. Les députés chré 
tiens étaient satisfaits de l’arrangement du 25 août, témoi 
gnaient aux représentants des grandes puissances leurs 
sentiments de très vive reconnaissance, invitaient toute la 
population chrétienne à prêter son concours à l’exécution 
du nouveau règlement, à déposer les armes, à considérer 
dorénavant les musulmans comme des frères : « Enfants de 
la même patrie, appartenant à la même race, ayant égale 
ment à gagner ou à perdre au bonheur ou au malheur du 
pays, chrétiens et musulmans, cessons désormais de nous 
ruiner et de nous entr’égorger. Jetons à l'oubli les maux 
récents en considération de l’intérêt général, et puisque 
nous avons les mêmes souffrances, aidons-nous mutuelle 
ment pour guérir des plaies mutuelles. Que le travail paci 
fique soit désormais la seule lutte que nous ayons à sou 
tenir. » Tout était en bonne voie, la question crétoise parais 
sait résolue. 
Mais ce qui plaisait aux chrétiens ne pouvait plaire aux 
musulmans. Les arrangements intervenus suscitèrent parmi 
ceux-ci de nouveaux accès de fanatisme. Dès le 29 août, on 
redoute à Candie un massacre de la population chrétienne. 
A La Canée, les musulmans tuent un religieux, dans la rue, 
en plein jour; une bande de 3.000 d’entre eux sort de la 
ville, et, au village de Platania, tue huit personnes, en 
blesse cinq, brûle plusieurs maisons. Les consuls prévoient 
qu’un soulèvement des musulmans va remettre en question 
l’œuvre pacifique des puissances sur le point de s’achever. 
Des placards affichés à La Canée appellent la population 
musulmane à prendre les armes pour la défense de ses 
droits ; le commandant militaire déclare qu’il n’a pas rcÇu 
l’ordre de s’opposer à ces démonstrations. Les musulmans 
se pressent de nouveau dans les villes, occupent les mai- 
tons où les chrétiens de la montagne ne sont pas encore
	        
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