Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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BYZANCE  ET  STAMBOUL.

para  de  Damas,  fut  vainqueur  à  Gaza,  parut  devant  le
Caire  en  1517,  et  fut  maître  de  toute  l’Égypte.  Il  y  conserva ­
  la  milice  des  Mameluks  ;  mais  il  mit  à  sa  tête  un
pacha  turc,  résidant  à  la  citadelle  avec  une  forte  garde  de
soldats  réguliers.  L’Yémen  reconnut  aussi  la  domination
du  sultan  de  Constantinople  ;  Sélim  y  découvrit  un  misérable ­
  cheikh,  légitime  descendant  des  Abbassides,  qui  lui
céda  sans  trop  de  peine  ses  droits  au  khalifat  ;  désormais,
les  sultans  ottomans  prirent  ce  titre  ;  ils  furent  les  légitimes
héritiers  des  illustres  souverains  arabes  du  moyen  âge  ;  ils
furent  reconnus  comme  les  chefs  religieux  de  tous  les  Musulmans ­
  ;  ils  eurent  en  dépôt  l’étendard  vert  du  prophète  ;
La  Mecque  dépendit  de  Constantinople.
Le  fils  de  Sélim,  Soliman,  eut  une  longue  carrière
(1520-1566),  et,  s’il  ne  fit  pas  de  plus  brillantes  conquêtes
que  son  prédécesseur,  il  resta  cependant  plus  célèbre,
parce  qu’il  fut  continuellement  en  relations  avec  les  États
de  l’Europe,  parce  qu’il  assura  à  son  empire  une  sorte  de
droit  de  cité  parmi  eux,  parce  qu’enfin  son  règne  marqua ­
  incontestablement  l’apogée  de  la  puissance  ottomane.
Dès  son  avènement,  il  reprit  la  lutte  contre  les  chrétiens.
En  1521,  il  enleva  Belgrade  et  porta  la  frontière  de  ses
États  jusqu’à  la  Drave  :  il  s’ouvrait  ainsi  la  voie  du  Danube
moyen  et  de  l’Europe  centrale.  En  1522,  il  assiégea  Rhodes ­
  ;  le  grand-maître  des  chevaliers  de  Saint-Jean,  Villiers
de  risle-Adam,  y  fit  une  longue  et  énergique  résistance.
Le  sultan  l’emporta  pourtant  et  s’ouvrit  ainsi  la  voie  de
la  Méditerranée,  où  ses  flottes  furent  bientôt  toutes-puissantes. ­
  L’horizon  de  l’empire  ottoman  s’élargissait  vers
l’ouest.
Il  ne  tarda  pas  à  faire  en  ce  sens  un  nouveau  progrès.  Les
deux  frères  Barberousse,  Baba-Aroudj  et  Khaïr-ed-din,
pirates  de  leur  métier,  où  ils  étaient  habiles  et  heureux,  prirent ­
  Alger  en  1516,  et  y  établirent  leur  repaire.  Ils  l’organisèrent ­
  avec  beaucoup  de  méthode,  conquirei/t  une  partie
du  pays  intérieur  pour  être  plus  solides  sur  la  côte,  et  se
trouvèrent  en  quelques  années  maîtres  d’un  véritable  royaume
algérien,  de  Bougie  à  Tlemcen.  Ils  y  furent  menacés  parles
Espagnols  qui,  depuis  la  conquête  de  Grenade,  sous  l’ardente ­
  inspiration  du  cardinal  Ximenès,  avaient  poursuivi  la
croisade  jusque  sur  le  continent  africain  dont  ils  tenaient
quelques  positions  importantes,  comme  Oran.  Après  la  mort
de  son  frère,  Khaïr-ed-din  ne  crut  pas  pouvoir  résister  seul
            
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