Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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BYZANCE  Et  STAMBOUL.

Mais  ce  fut  un  batailleur  qui  releva  l’empire  chancelant
déjà.  Il  reprit  Bagdad,  la  ville  des  khalifes  (1638),  y  fit
massacrer  30.000  Persans  et  une  grande  partie  des  habitants. ­
  Après  lui,  l’île  de  Crète  fut  enlevée  aux  Vénitiens  de
1645  à  1669  et  tomba  pour  deux  siècles  sous  la  très  lourde
domination  des  Ottomans.
Pourtant  leur  puissance  est  plus  faible  et  leurs  ennemis
reprennent  courage.  Les  intrigues  du  harem  sont  scandaleuses ­
  sous  Ibrahim  I'%  aussi  cruel  qu’efféminé,  étranglé
en  1648  dans  une  révolution  de  palais.  Les  Janissaires  euxmêmes
  sont  moins  solides  ;  ils  ne  se  recrutent  plus  de
l’enlèvement  des  plus  robustes  parmi  les  enfants  chrétiens  :
les  sultans  ont  renoncé  à  cette  affreuse  dîme  du  Devchûrmé
et  les  rangs  des  Janissaires  se  complètent  par  des  protégés
du  sérail  ou  du  harem,  qui  recherchent  les  faveurs  assurées
à  ce  corps  d’élite,  mais  qui  n’en  sont  pas  pour  cela  de
meilleurs  soldats.
Par  contre,  les  Albanais,  les  Grecs,  les  Slaves,  notamment ­
  parmi  ceux-ci  les  Pomaks  du  Rhodope,  se  convertissent ­
  en  grand  nombre  à  l’Islam,  pour  échapper  à  la  persécution ­
  réservée  aux  raïas,  et  obtenir  des  fonctions,  une
part  de  pouvoir  ;  l’administration,  même  le  gouvernement
central,  vont  se  trouver  souvent  entre  les  mains  de  ces
renégats.  L’Islam,  ou  du  moins  la  nation  des  Osmanlis,  est
pénétrée  d’éléments  étrangers  qui  travailleront,  par  la  force
des  choses,  à  sa  dissolution.
La  fin  du  Devchûrmé  laisse  aux  chrétiens  leurs  jeunes
gens  les  plus  forts,  qui  vont  parmi  les  klephtes,  les  palikares,
  les  montagnards  rebelles  de  l’Albanie  et  de  la  Grèce.
Le  Montenegro  ainsi  continue  sa  vaillante  résistance,  toujours ­
  indomptée  ;  une  ordonnance  du  prince  y  a  décrété
que  tout  guerrier  qui  abandonne  son  poste  recevra  des
habits  de  femme  et  une  quenouille  ;  mais  le  poste  est  bien
gardé  et  la  quenouille  reste  aux  femmes.  Jean  le  Terrible
en  Moldavie  inflige  de  grosses  pertes  aux  Turcs  :  il  est
vaincu  en  1574,  supplicié  et  toute  la  province  dévastée.
Michel  le  Brave  en  Valachie  bat,  en  1595,  le  grand  vizir
Sinan-pacha  devant  Bucharest  et  lui  fait  repasser  le  Danube  ;
il  conquiert  la  Transylvanie,  la  Moldavie,  restaure  ainsi
l’ancienne  Dacie,  fait  un  moment  l’unité  de  la  nationalité
roumaine.  Il  meurt  en  1601.  Les  Roumains  ne  se  soulèveront ­
  plus  qu’au  xix*  siècle;  ces  souvenirs  ue  seront  pas
            
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