Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

32

BYZANCE  ET  STAMBOUL.

quer  cette  effroyable  politique,  qu’on  croirait  voir  renaître
à  la  fin  du  xix®  siècle  ;  et  l’empire  ottoman  resta  formé  de
deux  couches  de  populations  superposées  et  réfractaires.
Ce  fut  le  vice  essentiel  de  sa  constitution.
Dans  le  temps  même  de  Soliman,  à  l’autre  extrémité  di
cette  Asie  antérieure  où  évoluent  en  apparence  si  capricieusement ­
  les  diverses  phases  de  la  question  d’Orient,
se  fondait  dans  l’Inde  un  autre  empire  musulman.
Djahir-ed-din  Mohammed,  surnommé  Bâber  ou  le  Tigre,
arrière-petit-fils  de  Timour,  Turc  par  conséquent  en  dépit
de  la  qualification  de  Mongol  qui  lui  est  restée,  était  sultan
de  Khokand.  En  1497,  il  prit  Samarkand,  et,  suivant  les
traces  de  son  aïeul,  il  envahit  l’Inde  par  la  voie  historique
du  Pendjab.  Il  remporta  en  1526,  l’année  de  la  bataille  de
Mohacs,  la  victoire  de  Panipat,  en  avant  de  Delhi;  il  entra
dans  Agra,  dispersa  l’année  suivante  une  grande  coalition
des  souverains  hindous,  et  fonda,  sur  l’Indus  et  le  Gange,
l’Empire  des  Grands  Mongols.  Son  petit-fils  Akbar  (1566-1605)
  en  porta  la  frontière  jusqu’aux  premières  pentes  du
Dekkan  et  le  consolida  pour  plus  d’un  siècle.
Dans  le  même  temps  encore,  les  Portugais  apparaissaient
sur  les  côtes  de  l’Hindoustan  ;  Vasco  de  Gama  y  accomplit
son  premier  voyage  en  1497.  D’Alméïda  fut  le  premier  viceroi
  des  Indes  portugaises.  D’Albuquerque  voulut  s’assurer
aussi  les  routes  qui  conduisent  dans  ce  pays  ;  il  en  voulut
tenir  l’entrée  par  la  mer  Rouge  et  le  golfe  Persique;  il  prit
Ormuzd,  Socotora;  il  occupa  Malacca  et  son  détroit  vers  les
mers  de  Chine.  Il  établit  sa  capitale  à  Goa  et  y  mourut  en
1515.  L’Océan  Indien  était  comme  un  lac  portugais.
Les  Européens  entraient  ainsi  en  contact  avec  les  puissances ­
  musulmanes  de  l’Asie.  Il  n’était  pas  réservé  aux
Portugais  d’y  remporter  des  succès  décisifs  ;  mais  ils  ouvraient
la  voie  à  d’autres  nations  qui  y  furent  plus  heureuses.  Déjà,
de  la  Méditerranée  à  l’Inde,  les  acteurs  de  l’histoire  moderne
de  l’Orient  sont  en  présence  et  les  conflits  s’annoncent.

Les  Turcs  ne  se  maintinrent  pas  longtemps  à  l’apogée
où  les  avaient  portés  les  sultans  conquérants  Mahomet  II,
Sélim  et  Soliman.  Des  sultans  fainéants  vinrent  ensuite,
qui  compromirent  la  fortune  de  leur  nation,  qui,  fils  d’esclaves ­
  du  harem,  servis  par  des  esclaves,  enfermés  au  fond
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.