CHAP. Xlll. — DES IMPOTS SUR L’OR. 171
conséquent de l’exploitation des mines d'or. Si l’on donnait encore
plus d extension à l’impôt, il absorberait le loyer même des mines
les plus riches, et amènerait le retrait de nouveaux capitaux. La
quantité de l’or diminuerait continuellement pendant que sa valeur
augmenterait, ce qui produirait les effets que nous avons déjà in
diqués : c est-à-dire, qu’une partie de l’impôt serait payée par les
habitants des colonies espagnoles, et l’autre partie irait créer de
nouveaux produits par l’effet de l’augmentation de la puissance de
1 agent employé comme moyen d’échange.
Les impôts sur l’or sont de deux espèces : les uns sont levés sur la
quantité actuelle d’or en circulation, et les autres sur la quantité
qu’on tire des mines annuellement. Les uns comme les autres tendent
à faire diminuer la quantité de l’or et à en augmenter la valeur; mais
ni les uns ni les autres n’augmenteraient la valeur de l’or, si elles n’en
réduisaient pas la quantité. Ces impôts, tant que l’approvisionne
ment de l’or n’est pas diminué, tombent pendant un certain temps
sur les capitalistes ; mais en dernière analyse ils finissent par être
supportés parles propriétaires des mines, qui en retirent des re
venus moindres, et par les acheteurs de cette portion d’or, qui
employée comme marchandise, sert aux jouissances de l’espèc^
humaine, et n’iist point consacrée exclusivement à faire les fonc
tions d’agent de la circulation.