fullscreen: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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pour avoir la facilité de l’abaisser ensuite, tout cela, voyez- 
vous, c’est peut-être séduisant en théorie, mais dans la pratique 
sela semble extrémement dangereux. 
C’est que nous ne travaillons pas dans l’abstrait, nous tra- 
vaillons dans une matière qui nous met en contact permanent 
avec les pays voisins, nous travaillons avec des réalités jour- 
nalières, Si nous pouvions mettre notre tarif au niveau qui 
aous conviendrait et le malaxer à notre gré sans qu’il y ait 
à craindre de répercussions de la part de l’étranger, la question 
se poserait autrement : mais nous n’en sommes pas là : 
l’étranger nous surveille et quand il se croit lésé, il proteste, 
1 réagit, il va au besoin jusqu’à la rupture des relations 
Sconomiques. Il ne faut pas avoir la phobie des repré- 
sailles mais il ne faut pas non plus fermer les yeux pour 
ne pas voir le danger. Souvenez-vous que la rupture avec 
l'Espagne en 1922 nous a coûté 800.000.000 d’exportations ; 
èlle a paralysé les mouvements d’échanges avec notre voisin 
qui est aussi, tout le monde le sait, un de nos principaux 
slients. C’est un genre de risques que l’on n’aime pas à courir 
trop souvént. Et c’est pourquoi j'estime qu’on ne doit toucher 
à notre régime tarifaire et contractuel que d’une main prudente 
st délicate. 
En somme, si l’on maintient la structure actuelle du tarif, 
3 l'on admet qu’il y aura comme par le passé, un tarif mini- 
mum et un tarif général et, à la rigueur, des droits intermé- 
diaires sagement calculés, on n’aura rien « cassé », rien 
bouleversé, on aura laissé à notre pays un moyen de discussion 
et de négociation assez souple pour se prêter à toutes les 
éventualités. 
Abaissement du tarif général. — Pestime cependant qu’il y 
aurait intérêt à ramener notre tarif général à un taux plus 
raisonnable que le taux actuel. Vous savez que ce tarif qui 
était jusqu’au 28 mars 1921 de 50 % supérieur au tarif mini- 
mum a été à ce moment-là porté à 300 % au-dessus du tarif 
minimum. On avait fait cela parce qu’on voulait se prémunir 
contre les importations allemandes et aussi parce- qu’on 
craignait la concurrence des pays à change déprécié. 
Depuis lors, les conditions économiques se sont beaucoup 
modifiées, et il est apparu que l’existence d’un tarif aussi élevé 
présentait peut-être plus d’inconvénients que d’avantages. 
Je ne vous citerai qu’un seul cas. 
Vous vous rappelez comment, il y a trois ans, à la suite d’un 
malentendu à jamais regrettable nous avons vu se produire la
	        
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