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pour avoir la facilité de l’abaisser ensuite, tout cela, voyez-
vous, c’est peut-être séduisant en théorie, mais dans la pratique
sela semble extrémement dangereux.
C’est que nous ne travaillons pas dans l’abstrait, nous tra-
vaillons dans une matière qui nous met en contact permanent
avec les pays voisins, nous travaillons avec des réalités jour-
nalières, Si nous pouvions mettre notre tarif au niveau qui
aous conviendrait et le malaxer à notre gré sans qu’il y ait
à craindre de répercussions de la part de l’étranger, la question
se poserait autrement : mais nous n’en sommes pas là :
l’étranger nous surveille et quand il se croit lésé, il proteste,
1 réagit, il va au besoin jusqu’à la rupture des relations
Sconomiques. Il ne faut pas avoir la phobie des repré-
sailles mais il ne faut pas non plus fermer les yeux pour
ne pas voir le danger. Souvenez-vous que la rupture avec
l'Espagne en 1922 nous a coûté 800.000.000 d’exportations ;
èlle a paralysé les mouvements d’échanges avec notre voisin
qui est aussi, tout le monde le sait, un de nos principaux
slients. C’est un genre de risques que l’on n’aime pas à courir
trop souvént. Et c’est pourquoi j'estime qu’on ne doit toucher
à notre régime tarifaire et contractuel que d’une main prudente
st délicate.
En somme, si l’on maintient la structure actuelle du tarif,
3 l'on admet qu’il y aura comme par le passé, un tarif mini-
mum et un tarif général et, à la rigueur, des droits intermé-
diaires sagement calculés, on n’aura rien « cassé », rien
bouleversé, on aura laissé à notre pays un moyen de discussion
et de négociation assez souple pour se prêter à toutes les
éventualités.
Abaissement du tarif général. — Pestime cependant qu’il y
aurait intérêt à ramener notre tarif général à un taux plus
raisonnable que le taux actuel. Vous savez que ce tarif qui
était jusqu’au 28 mars 1921 de 50 % supérieur au tarif mini-
mum a été à ce moment-là porté à 300 % au-dessus du tarif
minimum. On avait fait cela parce qu’on voulait se prémunir
contre les importations allemandes et aussi parce- qu’on
craignait la concurrence des pays à change déprécié.
Depuis lors, les conditions économiques se sont beaucoup
modifiées, et il est apparu que l’existence d’un tarif aussi élevé
présentait peut-être plus d’inconvénients que d’avantages.
Je ne vous citerai qu’un seul cas.
Vous vous rappelez comment, il y a trois ans, à la suite d’un
malentendu à jamais regrettable nous avons vu se produire la