LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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de la Cordillère en ondulations déchiquetées, sablonneuses
et jaunâtres. Si des vallées et vallons assez nombreux for
ment des oasis d une incroyable fertilité, la verdure qui
les signale contraste très vivement avec les contreforts de
la Cordillère et avec les arenales, régions de sables sté
riles, et avec deux sortes de déserts de plusieurs centaines
de kilomètres, l’un au nord que l’on nomme Séchura,
l’autre au sud appelé pampa d’Islay.
Comme nous l’avons déjà dit, l’état caractéristique de
la Costa est une extrême sécheresse. Mais il y a la rosée,
appelée garua, et surtout le courant deHumboldt — véri
table fleuve d’eau froide venu des régions antarctiques —
qui rendent le pays habitable. La fraîcheur qui se dégage
de ce courant tempère l’ardeur des rayons du soleil. C’est
ce qui fait que la chaleur maximade cette zone ne dépasse
guère 30°, et cela sous la même latitude que le nord de
Madagascar ou que Java. Ce courant assainit la côte en
transportant au large le mélange d’écume, d’algues et de
vase rejeté du fond de la mer par les éruptions sous-ma-
rines. Il roule en outre des poissons en quantités innom
brables, groupés en masses compactes; ces poissons à
leur tour attirent des nuages d’oiseaux de mer, mouettes,
cormorans, pajaros, gaviotes, etc. ; ces oiseaux sont si
nombreux parfois, que pendant de longs moments ils inter
ceptent la lumière du soleil. Ce sont ces mêmes oiseaux
qui ont recouvert les îles Chinchas et d’autres encore, du
guano qui pendant longtemps fit la fortune du Pérou ; cette
richesse est à l’heure présente sinon épuisée, du moins
considérablement amoindrie.
III. —Entre la chaîne de collines de la Côte que l’on
nomme communément lomas, la terre reçoit, pendant ce
qu’il est convenu d’appeler hiver, de petites averses ; à
cette époque la garua ne tombe pas. Pendant cette saison