SUPPRESSION SECOURS CHOMAGE. INSTITUTION SECOURS ALIMENTAIRE 181
Le Comité National a donné dans son rapport général une statistique
des bénéficiaires du Secours Alimentaire à trois époques : au 31 dé-
cembre 1917, au 30 juin 1916 et au 31 décembre 1918 (v. p. précédentes).
On voit qu’il y a eu une augmentation du nombre des ménages
secourus au 30 juin 1918, puis une diminution au 31 décembre 1916,
mais une légère diminution des personnes secourues au 30 juin 1918,
et une sérieuse augmentation à la fin de la même année.
Mais le Comité National ne nous donne pas de renseignements sur
le passage du Secours Chômage au Secours Alimentaire.
Nous l’avons étudié spécialement pour la province de Liége, en fai-
sant le relevé des principales données pour les quatre premières quin-
zaines, c’est-à-dire les mois de novembre et de décembre 1917, et en
soumettant la première quinzaine du Secours Alimentaire à la même
enquête statistique que la cinquantième du Secours Chômage. On
trouvera ces comparaisons à l’annexe n° 6, p. 249.
Signalons ici les résultats les plus saillants.
Le nombre des ménages secourus qui était au Secours Chômage,
de 62.000 environ, était passé à 89.524 à la première quinzaine du
Secours Alimentaire et à 96.849 à la quatrième. Celui des personnes
secourues, qui était de 200.172 au Secours C, fin octobre était devenu
fin décembre 284.233 et représentait 31 pour cent de la population.
Mais le Secours Alimentaire comprenait le Secours A, qui comptait
fin octobre 1917, 227.560 personnes secourues. Seulement, il y avait
beaucoup de ménages participant aux deux secours. Dans la ville de
Liége, il n’y avait guère que 19 pour cent des secourus À qui
n'étaient pas inscrits au Secours C, et 2 pour cent des chômeurs qui
n’étaient pas bénéficiaires du Secours A. Il résultait donc de notre
relevé que le Secours Alimentaire avait recueilli un plus grand nombre
de personnes que les anciens Secours À et C réunis.
Si l’on compare la statistique de la première quinzaine du Secours
Alimentaire (novembre 1917) à celle de la cinquantième du Secours
Chômage (mars 1917), on constate une augmentation très sensible : il
y à 34 pour cent des ménages en plus et 25 pour cent des personnes.
Rien d’étonnant à ce que l’augmentation proportionnelle du nombre
des ménages soit plus forte que celle du nombre des personnes : la
cause en était dans le grand nombre de ménages nouveaux composés
d’une personne, repris au Secours Alimentaire. Il y avait, en effet, au
Secours À (nécessiteux en général) bien plus de ménages d’une per-
sonne qu’au Secours Chômage. Le règlement de ce dernier imposait,
comme condition sine qua non d’admission la preuve que les secourus
étaient occupés comme ouvriers en juillet 1914. Beaucoup d’anciens
ouvriers et ouvrières, vieux et vieilles et incapables de travailler par