l’effout nécessaire.
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yeux des coiumissaires enquêteurs un dossier duquel il ré
sultait qu’uu courtier maritime de Brest, M. deX..., auquel
il était par charte-parlie ohliqé de s’adresser, lui fit payer
665 ir. pour mettre eu déclaration de douane et expédier
sur lest le steamer Mitidja, tandis qu’il ne prenait pour
la même opération que i5o Ir. à un steamer anglais plus
grand. La cour de Bennes, saisie de l’incident, donna ce
pendant raison au courtier et reconnut qu’oii avait justement
appliqué le tarif.
Les armateurs veulent-ils regimber et se passer d’auxi
liaires aussi coûteux ? Le Syndicat général des courtiers
n’hésite pas à traîner les récalcitrants devant les tribunaux.
Un membre de la Chambre de commerce de Rouen, M. De-
glatigny — qui réclame vainement, à cor et à cris, depuis
des années, la liberté du courtage — en a fait la déclaration
aux commissaires enquêteurs :
« Lorsqu’un négociant manifeste la moindre velléité d’in
dépendance, a-t-il dit, on lui suscite des ennuis sans fin,
on l’assigne et on le conduit de tribunal en tribunal jusqu’à
la Cour de cassation.
« Le Syndicat général des courtiers conteste constamment,
avec une persistance étrange, le droit pourtant incontes
table des négociants de se passer d’intermédiaires. 11 réussit
généralement à les éjiouvanter par la menace seule d’un
procès interminable. »
Aussi, les opérations du courtage prennent-elles, dans les
transactions maritimes, la proportion d’une dîme exorbi
tante. M. Deglatigny a cité l’exemple du port de Rouen(') :
ce port possède huit charges de courtiers, dont les prix de
vente ont varié de 260,000 fr. à 35o,ooo ir. En admettant
(i) Commission extra-parlementaire de la marine marchande. Rapport de la sons-
commission d’enquête.