108 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
par exemple, à Liége, dans l’industrie des armes, il arrive fréquemment
que l’ouvrier fournit son travail à plusieurs « fabricants ».
L'industrie à domicile a, de tout temps, offert des difficultés pour
l’application des règlements industriels. C’est que l’ouvrier de l’in-
dustrie à domicile exerce souvent une autre profession ou plutôt
n’exerce souvent son métier qu’accessoirement. Tel est le cas des
dentellières. On peut dire que dans certaines parties des Flandres et
de la province d’Anvers toutes les ménagères ont été ou sont dentel-
lières, et auraient reçu des certificats de patrons. Le Comité National
avait tranché la question en instituant une œuvre spéciale : « L'aide
et Protection aux dentellières » qui était une forme d’assistance par
le travail. Les dentellières reconnues de cette façon étaient exclues
du Secours Chômage.
Par contre, dans la province de Liége, on y admettait les tresseuses
de paille de la vallée du Geer, femmes et filles de cultivateurs géné-
ralement, qui sont de véritables ouvrières à domicile.
Le règlement admettait l’artisan au bénéfice du secours. La diff-
culté était de le distinguer du patron, de l'entrepreneur ou chef
d'industrie, ou du commerçant. Nous en donnâmes la définition
suivante : « L’artisan est celui qui confectionne lui-même des produits
qu'il vend directement au client. L’artisan doit travailler de ses
mains; s’il occupe des ouvriers, il est, en principe, un patron ou chef
d'entreprise. Toutefois, dans l’industrie à domicile, particulièrement
dans l’industrie armurière, on considère comme artisan un inter-
médiaire qui n’occupe pas plus de quatre ouvriers ».
Une catégorie de travailleuses donna lieu à des complications :
c’étaient les couturières. Nous avions posé en principe à Liége que la
couturière était ouvrière quand elle travaillait pour un patron ou un
magasin. Elle était artisan quand elle travaillait pour des clients
et vivait du produit de son travail. Mais on trouva cette distinction
trop difficile à établir et comme des abus avaient été signalés, le
Comité National arrêta, le 20 mai 1915, que les couturières, lingères,
etc, allant travailler chez les particuliers étaient exclues. Elles étaient
rangées parmi les travailleuses du service domestique, qui furent
exclues dès le début : tels, les domestiques, servantes, journaliers
et journalières, femmes à la journée, récureuses, etc…
On assimila aussi au travail domestique celui des commissionnaires.
Les colporteurs furent exclus comme commerçants.
L’employé, on l’a vu, était admis au secours. Il fut spécifié que le
voyageur de commerce privé de travail et sans ressources était dans
Ce cas.
Exclues également, les personnes exerçant une profession libérale