Full text: Oeuvres complètes

g2 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 
La nature du mal en indique le remède. En circonserivant gra 
duellement les lois des pauvres, et en eliercliant à faire sentir aux 
indigents le prix de l’indépendance, en leur montrant qu’ils ne doi 
vent plus compter sur les secours d’une bienfaisance systématique 
ou casuelle, et qu’ils n’ont d’autre ressource que celle de leur tra 
vail ; en leur prouvant enfin que la prudence est nécessaire et la 
prévoyance utile, on marchera par degrés vers un état de choses 
plus stable et plus salutaire '. 
Toute modification des lois sur les pauvres, qui n aurait pas poui 
but leur abolition, ne mérite aucune attention ; et celui-la sera le 
meilleur ami des pauvres et de l’humanité qui pourra indiquer les 
moyens d’y parvenir de la manière à la fois la plus sure et la moins 
violente. Ce n’est point en changeant d’une manière quelconque le 
mode actuel de lever les fonds pour l’entretien des pauvres, que 
le mal peut être diminué. Au lieu d’être une amélioration, cela ne 
ferait qu’aggraver encore les maux que nous voudrions détruire, 
si par là ou levait un fonds plus considérable, ou s’il était prélevé, 
ainsi que quelques personnes l’ont proposé dernièrement, comme 
une contribution générale sur toute la nation, l a manièrc^actuellc 
de lever et d’appliquer cet impôt a contribué à mitiger ses funestes 
effets. Chaque paroisse lève un fonds pour l’entretien de scs pau 
vres. Par cette méthode , l’on est plus intéressé à modérer le taux de 
cette contribution, et cela devient plus praticable que si l’on im 
posait une contribution générale pour secourir les pauvres de tout 
le royaume. Une paroisse a bien plus d’intérêt à mettre de l’éco 
nomie dans le mode de prélever les sommes imposées et dans la 
distribution des secours, —toute épargne étant pour elle un profit, 
— que si des centaines de paroisses avaient à paitager ces fonds. 
Et c’est cette cause qui a empêché le fonds des pauvres d avoir 
' Ces vues qui ne sont pas seulement d’un philanthrope, mais d un philanthroiie 
éclairé, font sentir l’imhécillitédes princes qui consacrent les événements heureux 
de leur règne par le mariage de quelques tilles pauvres, c est-à-dire qui se re 
iouissent en condamnant aux larmes, et peut-être à la mort, les tamilles qui naî 
tront de ces unions follement provoquées. Plutôt que de multiplier les creatures 
vivantes et susceptibles de souffrir, il vaudrait mieux favoriser la multip ication 
des moyens de subsistances, c’est-à-dire abolir les entraves a l’industrie, ne poin 
pmnrunter, atin de laisser les capitaux chercher des emplois productif, et iim- 
diftioiles pour les mauvais. — J. B- Sav .
	        
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