ií>i OEUVRES DIVERSES.
celle-ci : dans le premier cas, l’intérêt de l’argent prêté serait payé
aux véritables ayants droit, et dans l’autre, il reviendrait en défini
tive , sous forme de dividende, de bonifications, aux actionnaires de
la Banque ainsi re\êtus injustement du privilège de les recevoir.
Si le débiteur de la Banque applique son emprunt à des spéculations
moins avantageuses que le manutenteur des épargnes du rentier, il
y aura perte réelle pour le pays ; de sorte qu’une dépréciation des
monnaies, considérée comme stimulant de la production, sera tantôt
profitable, tantôt onéreuse.
Je ne vois pas comment elle diminuerait le nombre des oisifs et
grossirait les rangs de la classe productive : — et d’ailleurs, dans
tous les cas, le mal serait évident, palpable. Cette dépréciation re
pose même sur une injustice si criante envers des intérêts indivi
duels, qu’il suflit de l’exposer pour soulever le blâme et l’indigna
tion de tous ceux qui ne sont pas complètement inaccessibles à tout
sentiment d’honneur.
Je sympathise chaudement avec la pensée qui a dicté le reste de
l’article, et j’ai la confiance que les efforts des rédacteurs de la Revue
d’Edimbourg contribueront puissamment à renverser l’échafaudage
d’erreurs et de préjugés qui égara l’esprit public dans cette impor
tante question.
On a souvent objecté que si la Banque obéissait à la recomman
dation du Bullion-Committee, celle qui exige la reprise des paiements
en espèces dans un délai de deux ans, elle éprouverait de grandes
difficultés pour réunir la somme de numéraire nécessaire. On ne
peut nier en effet que la prudence n’oblige la Banque à constituer
avant le rappel du Restriction-Bill une réserve suffisante pour répon
dre à toutes les demandes de remboursement. Il a été établi par la
Commission des lingots que le montant moyen des billets de banque
en circulation, y compris les bank-post-bills, s’élevait en 1809 à
19 millions. A la même époque, le prix moyen de l’or était de 4 I.
10 s., chiffre qui excédait d’environ 17 p. O/o le prix de la mon
naie, et qui révélait une dépréciation monétaire de près de 15 p. O/q.
D’après les principes de la Commission, une réduction de 15 p. O/q
sur le montant du papier de la Banque, en 1809 , le ramènerait au
pair et abaisserait le prix de l’or sur le marché à 3 1.17 s. 10 1/2 d.
D’ailleurs, avant d’avoir pris cette mesure préliminaire, il serait
périlleux pour la Banque et pour le public de suspendre l’action
du Restriction-Bill ; mais en admettant ( ce que nous sommes loin
de faire) la vérité de vos principes, en admettant, disent les défeu-