3. — LES TROUPES INDIGÈNES
par le général ARCHINARD
Pendant la grande guerre, les indigènes de nos colo-
nies ont été utilisés dans la mesure des possibilités en
fournissant soit des soldats, soit des ouvriers, mais ils
l’ont été, pour une grande partie, trop tard, en nombre
trop faible et sans avoir eu une préparation suffisante.
Pour diverses causes, plus ou moins valables, mais à
coup sûr regrettables, l’emploi des indigènes n'avait pas
été regardé comme possible ou comme nécessaire dans
une guerre européenne.
Les pertes en hommes que nous eûmes à subir dessil-
lèrent les yeux, et les convictions d’un certain nombre
d’hommes qui avaient été à même de pouvoir apprécier,
au point de vue militaire, la valeur de nos indigènes,
gagnèrent du terrain et finirent par s'imposer.
En dehors de ce qui s’est passé dans notre propre his-
toire, et pour montrer tout de suite que nous ne sommes
pas les seuls à considérer les indigènes comme dignes de
combattre pour le droit, la justice et la liberté, je ne dirai
qu’un mot de ce qui s’est passé aux États-Unis.
Pendant la guerre de Sécession, les troupes noires
employées y furent nombreuses, on en estime le nombre
à 300 000. Commandées par des officiers blancs, elles se
firent remarquer par leur discipline, leur bonne tenue et
leur fidélité, et l’on peut dire qu’elles eurent un rôle
décisif sur l’issue des opérations et la victoire des fédé-
raux.
Depuis cette guerre. il V eut toujours des noirs dans