fullscreen : Le problème de la marine marchande

LES  CHANTIERS  DE  LA  CLYDE.  255
A  riieure  actuelle,  la  maison  Inf)lis  a  pour  quatre  années
de  travail  assuré  ;  comme  elle  ne  construit  que  des  batiments
de  toute  première  classe,  très  soignés  dans  leurs  aménagements, ­
  ses  prix  sont  relativement  élevés  ;  malgré  la  baisse
des  matières  premières,  elle  demande  £  g,5  la  tonne  d’un
cargo-boat  de  6,000  à  8,000  tonnes  de  port  en  lourd,  avec
un  délai  de  livraison  de  dix  mois.
Le  «  fini  »  du  travail  livré  par  les  chantiers  Inglis  n’y  augmente ­
  pas  les  frais  généraux,  réduits  au  point  qu’ils  ne  dépassent ­
  pas  le  10  p.  100  du  montant  des  salaires.  Le  personnel ­
  des  services  administratifs  et  des  bureaux  techniques  est
peu  nombreux  ;  l’assurance  contre  les  accidents  peu  coûteuse— ­
  puisque  pour  leurs  2,000  ouvriers,  MM.  Inglis  ne
versent  à  la  caisse  de  la  Compagnie  où  tous  les  chantiers  de
la  Clyde  sont  assurés.  Employers  Liability  assurance,  qu’une
prime  annuelle  de  £  3oo  (').
MM.  Inglis  ont  mis  beaucoup  d’obligeance  à  me  donner
tous  les  renseignements  queje  désirais  sur  leurs  rapports  avec
les  ouvriers  et  m’ont  même  communiqué  certains  registres
de  leur  comptabilité.  Je  tiens  à  les  remercier  de  leur  parfaite
courtoisie  et  à  souhaiter  à  ces  jeunes  gens,  sérieux  et  d’esprit ­
  ouvert,  bonne  chance  dans  l’entreprise  paternelle.
Un  détail  en  terminant  ;  c’est  un  oncle  de  MM.  Inglis,
^1.  William  Dennye,  de  Dumbarton,  qui  construit  en  ce
moment,  dans  le  plus  grand  secret,  un  paquebot,qui  sera
mû  par  une  turbine  à  vapeur  Parsons  et  atteindra  une  vitesse
de  24  nœuds,  c’est-à-dire  la  plus  grande  vitesse  commerciale
connue.
(1)  M.  Normand,  le  grand  constructeur  du  Havre,  m’a  dit  qu’il  payait  annuellement
pour.le  millier  d’ouvriers  qu’il  occupe  4o,ooo  fr.  de  prime  et  il  incriminait  à  ce  sujet  la
nouvelle  loi  sur  les  accidents.  Mais  M.  Bruchard,  directeur  des  chantiers  de  la  Loire,  à
Saint-Nazaire,  m’a  déclaré  que,  tout  compte  fait,  les  charges  qui  pesaient  sur  les  chanliers
  du  fait  de  la  nouvelle  loi  équivalaient  à  celles  qui  leur  incombaient  précédemment.
En  réalité,  si  l’assurance  coûte  cher  à  nos  industriels,  c’est  qu’en  France,  elle  demeure
"ne  spéculation  au  prolit  de  quelques  actionnaires,  au  lieu  d’être  une  large  instiliiUon,
créée  el  exploitée  au  prolit  de  la  collectivité.
            
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