LA DÉPENSE 647
En Danemark, Finlande, Russie, les sociétés de consom-
mation sont nombreuses aussi et leur éclosion se propage
dans le monde entier, depuis le Caucase jusqu’à l’Islande. En
France, le nombre des sociétés est assez grand, plus de
4.000, malheureusement la plupart très petites et inorga-
nisées. Il a fallu vingt-six ans d'efforts pour arriver à créer
(1913) une grande Fédération d’achats en commun.
La guerre, qui a fait tant de ruines, a donné au mouve-
ment coopératif une impulsion qui a dépassé tout ce que
pouvaient attendre ses plus fervents apôtres — et cela par
tout pays. En Russie, la coopération, sous ses diverses
formes, couvre aujourd’hui l'immense Empire jusqu’en
Sibérie (50.000 sociétés). Elle est la seule armature qui soit
restée debout au milieu de l’effrondrement social, la seule
d’ailleurs qui ait été respectée par le gouvernement des
soviets, et c’est grâce à elle que la vie économique a pu tant
bien que mal continuer.
En Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Suisse, partout
le chiffre des ventes a énormément augmenté, parfois plus
que doublé. Il est vrai que l’augmentation est pour partie
nominale, en tant qu’elle est due à la hausse des prix — mais,
d'autre part, il faut tenir compte de la réduction de la con-
sommation causée par cette même hausse. D'ailleurs, le
nombre des sociétaires a augmenté notablement aussi et
surtout la Coopération a grandi en autorité, dans l’opinion
publique. Ces sociétés sont devenues un des organes indis-
pensables de la vie sociale, au sens propre du mot. Il n’y aura
bientôt guère de ville ou village qui n’ait sa coopérative
comme elle a sa mairie, son école et son église.
Par tout pays, ces sociétés sont constituées généralement
sur ce qu’on appelle « letype de Rochdale » qui est caracté -
risé par les quatre traits suivants :
1° Vente au prix du détail et non au prix de revient, de
façon à réaliser des trop perçus ;
2° Répartition de ces trop perçus entre les sociétaires au
prorata de leurs achats — et non au prorata de leurs actions,
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