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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
de Inspector del Orden (inspecteur de l’ordre) jusqu’à
celui d'inspector superior, faisant ainsi de la police une
carrière professionnelle avec les différents avantages qui
y correspondent. Les résultats furent si satisfaisants que
cette organisation fut étendue aux principaux centres.
Telle qu’elle est, la police des principales villes du
Pérou rend des services appréciables, nous ajouterons
même que, sauf à Santiago du Chili et à Panama, nous
n’avons trouvé nulle part ailleurs des agents aussi cour
tois, discrets et serviables. La gendarmerie ou police
rurale est organisée sur les mêmes bases, elle assure
dans la mesure du possible, vu l’immensité du territoire
péruvien, la sécurité du trafic dans les vallées de l’inté
rieur ; cependant la douceur des mœurs et l’honnêteté
relative des Indiens quechuas sont encore une garantie
supérieure. Ce que l’on peut appeler la police préventive,
de sûreté, n’existe que peu ou pas.
XIY. — Nous ne pouvons achever ce chapitre sans dire
quelques mots de l’armée péruvienne. Cette armée, malgré
l’étendue du territoire, est peu nombreuse. Sont ins
crits au budget de la guerre : 6 bataillons d’infanterie
donnant 2.000 hommes en tout ; 2 régiments de cava
lerie de 250 hommes chacun ; 4 escadrons autonomes de
125 hommes chacun, lesquels servent d’escorte au chef
de l’Etat ; un régiment d’artillerie de montagne de
510 hommes, ce qui peut former un total vrai de
4.000 hommes, limite fixée par la loi budgétaire.
Jusqu’à ces dernières années, le corps des officiers,
sauf un certain nombre d’exceptions, laissait quelque peu
à désirer; on constatait leur peu de goût pour l’étude et par
conséquent leur manque d’instruction solide ; en échange,
surtout chez les officiers supérieurs, beaucoup de penchant
pour la politique.