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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
et largement leur existence (1) ; toutefois, nous insistons
encore sur la nécessité de posséder quelques petites res
sources, sur lesquelles on puisse compter en cas de
maladie, ou pour s’assurer des moyens de retour, au cas
où la nostalgie, qui est l’écueil des volontés flottantes, ne
leur fasse abandonner leur nouvelle condition, avant
d’avoir pris le temps de s’acclimater.
IX. — En ce qui concerne les personnes exerçant des
professions libérales : médecins, professeurs, architectes,
pharmaciens, ils sont nécessaires, mais en petit nombre, et
et il est prudent de ne partir qu’avec un engagement
préalable.
Enfin, au point de vue général pour les commençants,
les recommandations suivantes peuvent ne pas être super
flues :
1° Eviter toutes les sortes de jeux ; les hispano-améri
cains sont joueurs comme les cartes... dans ces pays,
comme partout d’ailleurs, le jeu est toujours une chose
scabreuse et un sentier fort glissant.
Au point de vue commercial ne pas trop se découvrir.
Eviter les procès, car si les procès sont partout longs et
coûteux, ils le sont, si possible, davantage au Pérou.
Enfin, éviter de faire une trop grande concurrence aux
autorités locales de l’intérieur, fonctionnaires métis ou
indiens qui seraient eux-mêmes commerçants.
X. — Quiconque veut devenir colon dans la Montana
du Pérou, doit avoir une grande force de volonté, de la
persévérance dans l’apprentissage des travaux nécessaires
et de l’endurance dans les difficultés inévitables ; pour
cela, il faut non seulement une constitution saine et vigou-
(1) Les établissements de la côte occupent et ont besoin de bons contre
maîtres ou employés pour diriger les travaux des champs, de mécani
ciens, raffineurs, distillateurs, charpentiers, forgerons, viticulteurs, etc.