fullscreen: Oeuvres complètes

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CHAP. XVI. — l)|-:s IMPOTS SIJK I ES SALAIRES. 
11 y a , selon moi, clans eet argument de M. Buchanan, beaucoup 
de vérité mêlée a beaucoup d’erreur. De ce que le haut prix des 
ta es, une transgression des lois divines, il faut courber la tête devant ces mor- 
oes et implacables énigmes, et non les expliquer par une barbare préméditation 
e a Providence. En fait, la Providence n’intervient nullement dans de si basses 
œuvres, elle permet les famines, les disettes : la force des choses, l’organisation 
stwîiale, la logique des événements font le reste, et nous sommes convaincu que 
Oieu ne s’opposerait nullement à ce que le travailleur eût toujours la même 
dose d’aliments, — résultat que Al Buchanan trouve incompatible avec ses 
desseins. 
Il était, comme ou voit, fort inutile’ de faire jouer à la nature un rôle si peu 
digne d’elle, et d’introduire jusque sur le terrain de l’économie politique ces in- 
Iluences occultes et ces miracles qui ont tant tourmenté les alchimistes et les 
philosophes. Cela ne convient ni à notre époque, ni à nos esprits, et il suffisait, 
dans cette circonstance, de l’usage modeste du bon sens. 
Les résultats indiqués par le judicieux commentateur de Smith, sont, en effet, 
faciles à expliquer, et nous les avons déjà expliqués plus haut. Ainsi, les subsistan 
ces venant a hausser, le travail se ralentit immédiatement dans toutes les branches 
de la production ; et cela forcément, fatalement, par cette loi de solidarité qui lie 
toutes les classes de la société. Si les agriculteurs sont misérables, ils achètent 
moins de vêtements, — ce qui restreint la production manufacturière ; si les 
tisserands sont misérables, ils consomment moins de pain, moins de v iande, moins 
de vm, — ce qui restreint la production agricole. De là, diminution dans la de 
mande des bras, par conséquent, baisse dans les salaires. Pas n’est besoin des 
divinités de l’Olympe pour produire et démontrer ces Iléaux; pas n’est besoin 
d elles non plus pour y porter remède, le progrès des connaissances humaines et 
des institutions sociales tendant chaque jour a les affaiblir C’est ainsi que l’amé 
lioration des méthodes agricoles a rendu les disettes infiniment moins fréquentes ; 
c est ainsi que la rapidité des voies de communication a mis les continents anciens 
de plein pied avec les continents nouveaux ; c’est ainsi que les pays où les récoltes 
ont été abondantes peuvent laisser s’épancher ces richesses sur les pays frappés 
Ùf stérilité, et échanger, dans le langage de la Bible, leurs vaches grasses contre 
eurs vaches efllanquées ; c’est ainsi que l’égalité des partages tend à assurer à 
e lac un une place au grand festin que donne la terre à ses enfants ; c’est ainsi, 
doit'’ T 'n commerce, en élargissant la zone où se puisent les pro- 
sei.lpn! “ s’achète le travail, prépare un équilibre futur que troubleront 
lient de rares et faibles secousses. 
Sans accorder à ces généreuses réformes des vertus irrésistibles, et en faire une 
isn'^T nous les croyons infiniment plus puissantes que le maniché- 
ei 'a * I Incarnées dans cotte association géante qui les fit triompher 
bert "f ^ I3 voix inspirée de Lohden, — apôtre de celte religion de la li- 
‘Smith, Condorcet, Rousseau avaient été les révélateurs; inscrites dans 
a eiT^ ^ Riaiid peuple, par la main d’un grand ministre, qui 
1^®" c\é près de douze cents articles aux tyrannies du fisc, elles ont pénétré dans 
es intelligenc.es les plus avancées de notre pays, et pénétreront bientôt dans notre
	        
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