Full text: Le Pérou économique

LE PÉROU ÉCONOMIQUE 
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grièvement ou fait fuir son adversaire. Les enjeux sont 
souvent considérables et les hommes de la meilleure so 
ciété liméenne fréquentent assidûment les maisons de coqs. 
IX. — En parlant de la population, nous ne pouvons 
passer sous silence la Liméenne, à qui tous les voya 
geurs ont rendu hommage en la représentant comme 
le type le plus charmant de la beauté exotique. Sans 
épouser d’enthousiasme l’opinion de ces voyageurs, 
nous ne ferons aucune restriction en ce qui concerne les 
femmes issues de la race espagnole, elles n’ont point 
usurpé leur réputation de gentillesse. Quoi qu’en disent 
certains, beaucoup même sont fort belles. Mais c’est sur 
tout chez elles, en soirée, au théâtre, que l’on peut vraiment 
les apprécier ; peut-être sont-elles un peu capricieuses et leur 
instruction quelquefois négligée, mais elles sont toujours 
spirituelles, gracieusement accueillantes; elles peuvent être 
considérées à juste titre comme les Parisiennes de l’Amé 
rique du Sud. Ce qu’on peut leur reprocher, par exemple, 
c’est un amour immodéré pour le plaisir et une prodigalité 
excessive ; lorsqu’elles le peuvent, elles dépensent à pleines 
mains, comme des enfants imprévoyantes. 
L’amour, le jeu, la danse et la boisson sont d’ailleurs la 
passion dominante de toutes les classes de la société péru 
vienne. Chez les Métis et les Indiens, cette passion est 
poussée aux extrêmes limites. L’ambition la plus haute 
d’une Liméenne est d’être vêtue à la dernière mode de 
Paris, aussi est-il permis de regretter l’abandon de la 
gracieuse saya, jupe étroite leur allant à ravir. La 
mania (1) est le seul vêtement original conservé par la 
(1) Sorte de châle noir en cachemire qui couvre la tête et le haut du 
corps, une frange de dentelle se rabat sur le visage en forme de demi-voi 
lette, 1 un des pans est rejeté sur l’épaule ou vient s’attacher sous le 
menton.
	        
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