CHAP. IX. — DES IMPOTS SUR LES PRODUITS NATURELS. 139
qui pût engager à importer des marchandises du dehors. Supposons,
par exemple, que les marchandises importées coûtent à l’étranger
ICO 1., et qu elles rapportent dans le pays TiO 1. : l’importation ces
sera aussitôt que, par l’augmentation de la valeur du numéraire, elles
ne rapporteront plus que 100 1., ce qui cependant ne peut jamais
arriver. Ce qui nous engage à faire venir une marchandise de l’é-
langei, cest de savoir quelle s’y vend à meilleur marché, c’est
a comparaison de son prix naturel au dehors avec son prix natu
rel dans le pays. Si un pays exporte des chapeaux, et importe du
«eap, il n’agit ainsi que parce qu’il peut obtenir plus de drap en
faisant plus de chapeaux et les échangeant contre du drap , que s’il
fabriquait le drap lui-méme. Si la hausse des matières premières ren
dait la fabrication des chapeaux plus chère, elle occasionnerait aussi
plus de frais dans la fabrication du drap ; et si les deux articles
étaient faits dans le pays, ils hausseraient l’un et l’autre : cepen-
dant l’un des deux articles étant une marchandise importée, ne ren
chérirait ni ne baisserait de prix quand la monnaie hausserait de
valeur; car, en ne baissant pas de prix, le drap reprendrait la valeur
re ative naturelle qu’il avait par rapport à la marchandise exportée.
La hausse des matières premières fait monter le prix des chapeaux
( e ,10 sh. a 33 sh., ou de 10 [xiur cent : la môme cause, si nous
a iriquions du drap, le ferait hausser de *20 à 22 schellings par
aune. Cette hausse ne détruit pas la relation entre le drap et les
lapeaux; lar un chapeau vaudrait encore, comme il valait par le
passé, une aune et demie de drap. Mais si nous importons du drap,
e prix en lestera constamment à 20 schellings l’aune, malgré la
premiere baisse survenue tout d’abord dans la valeur de la monnaie
(t a hausse qui la suivie; tandis que les chapeaux, qui avaient
haussé de 30 sch. à 33 sch., retomberont de 33 seh. à 30 sch., taux
auquel le rapport entre le prix du drap et des chapeaux se trou
vera rétabli.
Pour simpliher l’objet de cette recherche, j’ai supposé jusqu’ici
(lu une hausse dans la valeur des matières premières affecte dans une
proportion i gale toutes les marchandises nationales, en sorte que si
l une éprouve une hausse de 10 pour cent, toutes les autres haus
sent également de 10 pour cent. Mais comme la valeur des niarchan-
( ises SC compose de quantités très-dilférentes de matières premières
et de main-d o uvre, et comme la hausse des produits naturels n’in-
lierait pas sur quelques marchandises, celles, par exemple, qui sont
a riquées avec des métaux, il est évident que la plus graude variété