VI
teurs qui pourront souscrire à toutes. Il y aura peut-être
des susceptibilités froissées et cela dans les milieux les
plus divers. Cette indépendance de jugement témoigne
de l’objectivité avec laquelle l'auteur a traité son sujet.
I! s'agit bien là d'une étude scientifique et non d’un
travail de polémique alors même que quelques appré-
ciations et expressions puissent lui en donner l’appa-
rence. Ces passages donnent au texte un relief d’ori-
ginalité ajoutant à son intérêt.
Oeuvre utile aussi avons-nous dit. On ne saurait le
contester. À notre époque de « rationalisation » il serait
incompréhensible qu’on ne cherchât pas à étudier aussi
le fonctionnement d’un vaste ensemble économique, tel
le petit commerce, dont le rendement est insuffisant
dans beaucoup de cas et l'existence souvent menacée.
Oeuvre nécessaire, enfin. Voici pourquoi nous la ju-
geons ainsi. Nous pensons que le maintien de la « Classe
moyenne » est indispensable à l'équilibre, social, politi-
que et économique de notre pays. Mais pour assurer ce
maintien il ne suffit pas de proclamer sa nécessité.
Il est cruel et dangereux de dire aux petits paysans
de rester à la terre et de garder tous leurs fils au village
s’il y a trop peu de terre pour assurer un gain légitime
à chacun.
Il est tout aussi cruel et dangereux de proclamer la
nécessité de la survivance du petit commerce si les
conditions dans lesquelles celui-ci s'exerce sont telles
qu’elles rendent son existence impossible.
L'étude entreprise par M. Henry Cottier était donc
nécessaire, En énumérant et analysant, en toute fran-
chise, les causes principales de la crise du petit com-
merce et en aboutissant à des conclusions rassurantes,
elle permet à ceux qui ont la tâche de défendre celui-ci
de le faire en toute conscience et avec compétence et
confiance.
Cette étude a le grand mérite, à notre point de vue,