(i) Voir chapitre II, p. 5i.
2 10 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
n’ont pas cessé de se développer. Certaines — qui comptaient
un, deux ou trois navires à leurs débuts — possèdent
aujourd’hui un nombre considérable de vaisseaux et distribuent
à leurs actionnaires un dividende de 8 p. loo, tout
en ne cessant pas d’auqmenter le nombre de leurs unités.
Servie par des conditions économiques favorables, soutenue
par l’instinct d’un peuple qui voit en elle Voiitil de vie
sans lequel toute activité s’arrêterait sur le sol natal, la flotte
commerciale britannique est parvenue à ce haut degré de
maîtrise et de force où nul effort ne semble excessif. Celui
que lui demanda le gouvernement, au début de la guerre
du Transvaal, et qu’elle acconqilit sans difficulté, témoigne
de l’étendue de ses moyens d’action.
En trois semaines, l’Angleterre put mobiliser et expédier
vers l’Afriijue du Sud i4b steamers jaugeant près de 700,000
tonnes, et transporter cent mille hommes sur des bâtiments
bons marcheurs, parfaitement aménagés pour l’usage auquel
ils étaient employés.
Peu après, elle doublait cet effort et transportait cent
autres mille hommes à l’extrémité du continent africain,
essayant, d’ailleurs en vain, d’écraser sous les coups de
massue de ses invasions successives la race héroïque qui
lutte encore pour la défense de ses foyers et de sa liberté.
J’ai fait allusion, dans un précédent chapitre ('), aux difficultés
rencontrées par le gouvernement français pour organiser
chacune de nos expéditions lointaines. J’y reviens, car
nul exemple n’oppose en un contraste plus saisissant la faiblesse
de notre marine et la puissance de celle de notre voisine.
M. Guillain, rapporteur général du budget, a cherché
à évaluer l’aide militaire que la France peut attendre de sa
flotte commerciale. Il en fixe ainsi l’étendue :