Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

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ÉVOLUTION  INDUSTRIELLE  DE  LA  BELGIQUE

D’après  un  voyageur  anglais,  deux  tiers  des  biens
fonds  étaient  entre  les  mains  des  maisons  religieuses  (1).
A  Bruxelles,  les  plus  belles  maisons  entourant  le  Parc
appartenaient  aux  abbayes  (2).  D’après  Henne  et  Wauters
les  immenses  propriétés  que  les  corporations  avaient
acquises  dans  le  Brabant  formaient  le  tiers  du  territoire ­
  (3).
En  examinant  cette  répartition  des  revenus,  nous  nous
demandons  si  le  capital  industriel  n’a  pas  pour  origine
la  rente  foncière  accumulée  entre  les  mains  du  clergé
et  de  la  noblesse.
Mais  avant  d’aborder  ce  problème  il  convient  d’examiner ­
  quelles  étaient  les  antres  sources  du  capital
industriel.
Il  est  certain  que  beaucoup  de  petits  artisans  et  même
d’ouvriers  se  sont  transformés  en  petits  capitalistes  et
plus  tard  en  capitalistes  «sans  phrase»,  comme  les  appelle
Marx.
Des  industriels  comme  les  Peltzer  (4),  les  Simonis  (5)

(1)  C.  Este.  A  journey  in  the  year  1793  through  Flanders,  Brabant  and
Germany  to  Switzerland.  London,  1795.
(2)  Le  Voyageur,  1.  c.  v.  I,  p.  176.
(3)  Vandervex.de.  La  propriété  foncière,  1  c.  p.  156.
(4)  La  maison  Pei.tzer  fut  fondée  en  1790  par  Jean  Henri  Peltzer  qui
vint  de  Stolberg  établir  à  Hodimont  une  teinturerie  sur  cuves,  puis  se  fit
fabricant  drapier.  Son  fils  Edmond  Henri  Peltzer,  né  en  1797,  lui  succéda
et  fournit  une  longue  et  brillante  carrière.  Il  eut  pour  collaborateur
son  associé  Henri  Lieutenant.  Henri  Peltzer,  complètement  accaparé  par
l’industrie  lainière,  fit  réaliser  à  celle-ci  de  sérieux  progrès.  C’est  ainsi
qu’il  introduisit  à  Verviers  la  fabrication  de  nouveautés.  Ilfutle  premier
à  installer  dans  ses  usines  des  selfactors,  etc.  (Annuaire  de  l’industrie
textile,  p.  55).
(5)  La  maison  Iwan  Simonis  fut  fondée  en  1680  par  Henri  Simonis  qui
eut  son  fils  Jacques  pour  successeur.  C’est  à  Nijni-Nowgorod  que  le  chef
de  la  maison  Simonis  allait  vendre  ses  draperies.  (Annuaire  de  l’industrie
textile,  p.  51)  Les  manufacturiers  de  Verviers  voyageaient  au  début  à
pied,  avec  leurs  provisions  sur  le  dos.  C’est  seulement  en  1720  que,  grâce
au  maintien  de  la  paix,  leur  fortune  augmenta  et  qu’ils  “  eurent  des  chevaux ­
  et  voitures  pour  voyager»  (Renier.  1.  c.  p.  49).
            
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