GENÈSE DU CAPITAL INDUSTRIEL
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plus puissants qui, pour se payer de leurs avances,
exigèrent un tantième dans les produits de l’exploita
tion ; cette redevance, nommée droit d’exhauie, s’éle
vait quelquefois au onzième et était rarement inférieure
au quatorzième denier de tout le charbon extrait. Il y
avait dans cette opération financière une source de
gros bénéfices, qui fut avidement exploitée par quelques
personnes riches (1). C’est entre les mains de celles-ci
que passèrent les charbonnages.
Ainsi, par exemple, les Charbonnages de Bois du
Luc avaient appartenu, en 1680, à trois simples ou
vriers. Quand, plus tard, l’exécution d'une deuxième ga
lerie d’écoulement exigea une dépense de 20.000 florins,
le seigneur de Houdeng convertit ses droits de cens
et d’entrecens en une part de trois dixièmes dans l’avoir
social (2).
Le Gouffre, un des plus anciens charbonnages du bas
sin de Charleroi, était en 1778, affermé et exploité
séparément par des porteurs de permission ou de coDgé
De nombreux procès surgirent et pour y mettre fin,
le duc d'Arenberg, seigneur de Châtelineau, forma une
société pour l’exploitation de la veine du Gouffre. Ce
fut l’origine de la Société de Couillet (3).
Ce phénomène n'est-il pas naturel ? Les petites entre-
(1) Gonzm.ks Decamps. Mémoire, 1. c. p. 22.
(2) Jules Moxnoykr. Mémoire sur l’origine et le développement de
1 industrie houillère dans le bassin du Centre Mons 1873, p. 42. Une som
me considérable lut prêtée aussi aux charbonnages par trois capitalis
tes, issus d’une noble farni le irlandaise.
(3) Exposition Nationale, 1880, Société anonyme de Marcinelle et
Couillet, p, H.