LA DÉCADENCE DU MÉTIER
219
cesser le commerce pour redevenir ouvriers (i). A
Sottegein, la grosse cordonnerie perd du terrain parce
que les ouvriers ne sont plus à la hauteur de leur
métier (2). A Ath, la cordonnerie disparaît de plus en
plus (3). A Diest, le métier décline, à cause de la con
currence des grandes fabriques où les chaussures se
font à la machine (4). A Moll, l’industrie cordonnière
dépérit d’année en année (5). A Malines, même situa
tion (G). A Hervé la lutte que le petit métier doit
soutenir dépasse ses forces. Sans capital, sans crédit,
il rencontre à la fois la concurrence mécanique et
celle des grandes entreprises (7).
L’artisan est délaissé par ses ouvriers. A Liège, on
en trouve très difficilement, parce que les Liégeois
sont attirés vers l’industrie à cause des hauts salaires
qu’on y paye (8). Les enfants qui reprennent les
affaires de leurs parents sont de plus en plus rares ;
à Bruxelles et à Louvain ils constituent l’exception (9).
Presque tous embrassent une autre carrière. L’obten
tion d’uue place dans l’administration de l’Etat est
notamment l’ambition d’un grand nombre d’entre eux (10).
(1) Ib. v. III, p. 92.
(2) Ib. v. VI, p. 238.
(3) Ib. v. V, p. 239.
(4) Lb. v. VII, p. 485.
(5) lb. v. II, p. 555.
(6) II», p. H44.
(7) Office du Travail. Les industries à domicile en Belgique, v. VII,
p. 25.
(8 Commission Nationale. Enquête écrite, v. I, p. 13.
(9) Ib. p. 342.
(10) Ib. p. 342.