LA DECADENCE DU MÉTIER
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dire aucun boulanger (peu importe qu’il exerce son
métier depuis longtemps ou non) qui puisse encore
subsister au moyen de son métier. Les boulangers se
sont adjoint la pâtisserie, la vente du lard, les épice
ries, la chaussure, les meubles, les ustensiles de cuisine,
la charcuterie- Plusieurs en sont arrivés au point que
leur boutique ressemble plutôt à un bazar qu’à une
boulangerie (1).
De même à Tirlemont ; le nombre de boulangers à
qui leur métier suffit pour vivre est fort restreint.
Tous se voient obligés d’y adjoindre le débit de la
farine ; beaucoup d’autres celui des épiceries et le plus
grand nombre, la vente de spiritueux (2).
A Maeseyck, on compte à peine trois ou quatre bou
langers ne s’occupant d’aucun autre commerce (3).
A Louvain, depuis la crise, plusieurs boulangers ne
gagnant plus dans leur industrie un salaire suffisant
pour l’entretien de leur famille, ont dû annexer à leur
métier un commerce ou une profession accessoire (4).
Sur 105 boulangers de cette ville, il n’y en avait, en
1905, que 17 qui n’exerçaient ni commerce, ni profes
sion accessoires (5). 64, par exemple, vendaient du
chocolat ; 58 des sucreries : 65 des pains d’épices ; 21
tenaient un estaminet ; 25 des épiceries, etc. f6).
.Presque toute la production est enlevée par les gran
it) Ib. v. VF, p. 100.
(2) Ib. v. Vil, p. 547.
(3) Ib. v. IV, p. 61.
(4) Ib. v. I, p. 71.
(5) Ib. p. 89.
(6) lb. p. 88.