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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
ron et à tant d’autres, il n’est resté que la répara
tion. La statistique nous énumère tous ces dépossé
dés, dont le rôle économique a complètement changé,
sous leur ancienne dénomination. Elle ne tient pas
compte des changements survenus.
La fabrique a laissé à l’artisan, c’est certain, une
minime partie de la production. Faut-il en conclure
qu’il en sera toujours ainsi ? Beaucoup d’économistes le
prétendent. La réparation, d’après eux, restera toujours
inaccessible à la fabrique. Nous ne pouvons partager
leur avis, Nous observons en effet qu’ici aussi la fa
brique progresse. Nous avons cité plus haut une ma
chine qui menace l’existence du savetier.
D’autre part les conditions de la réparation ont
changé complètement. Lorsqu’une machine est partiel
lement détériorée, on fait venir aujourd’hui un monteur
et une pièce de rechange. Aux Etats-LTnis les maré
chaux-ferrants et les charrons n’existent pas dans les
campagnes Les fermiers achètent leurs machines agri
coles dans les grandes fabriques, Us tâchent de con
naître suffisamment leur construction pour pouvoi *
faire eux-mêmes les réparations. Les machines sont
construites de façon que l'on peut en remplacer faci
lement les différentes parties, et les fabriques de machines
pourvoient les agriculteurs de catalogues détaillés, qui
leur permettent de commander les pièces de rechange
(1). C’est également le cas pour les bicyclettes et les
motocyclettes.
(f) W. Sombart : Der moderne Kapitalismus. 1 c. v. I, p. 384.