LA DECADENCE DU METIER 247
Dans ses « Etudes d’Histoire et d’Economie politi
que » Karl Bûcher a prouvé la fausseté d’une pareille
conception. « Une machine, dit-il, doit pouvoir être
utilisée et amortie, si on veut que la production soit
peu coûteuse. Comme elle ne peut se charger de tout
le processus de la production, mais de quelques-unes de
ses parties seulement elle suppose, pour pouvoir res
ter continuellement en activité, un agrandissement
de l’exploitation, un très grand nombre d’ouvriers,
etc. Mais où le maître trouvera-il le capital néces
saire ? En supposant même qu’il ait le capital, la
grande exploitation aurait toujours l’avantage d’un
achat à meilleur compte de la matière première, celui
d’une très grande décomposition de travail, de l’em
ploi d’ouvriers qualifiés par la technique et pour l’art,
d’un plus facile écoulement de produits. On comprend
difficilement que cela ait échappé à des gens perspi
caces « (p. 178).
Sombart, lui aussi, a souligné toute la naïveté de
cette théorie, qui prétend sauver l’artisan par la tech
nique (1).
Le Rapport belge de l’Office des Classes moyennes,
se souciant fort peu de .ces critiques, se borne à
émettre sur ce sujet des idées surannées.
Je crois que notre analyse des causes de la décaden
ce du métier a montré clairement que ce n’est pas la
machine, qui est le facteur essentiel de la supériorité
(\) Der moderne Kapitalismus, 1. c. v. II, Chap. 33. Haudwerk und Ma
chine, p. 524.