introduction
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L’école anglaise et l’école autrichienne ont depuis
longtemps reconnu la nécessité d’éliminer do la science
économique toute considération d’ordre moral. (1) Seuls
les Katlieder — socialistes ont tenté de faire de l’éco
nomie politique une science « éthique. »
« Tous les grands biens sociaux do l’humanité, disait
en 1897 Gustav Schmoller, le christianisme, le déve
loppement du droit depuis des milliers d'années, les
devoirs moraux de l’Etat comme ils ont été surtout recon
nus en Allemagne et en Prusse, nous conduisent vers
des réformes que nous avaient signalées les messages
impériaux de 1880 à 1890. La science allemande n’a
pas fait autre chose que de chercher à asseoir sur de
solides bases ces vieux impératifs, éthico-religieux et
juridico-étatiques. « (2).
La jeune génération d’économistes allemands élève
aujourd’hui une voix de protestation contre cette façon
de subordonner la science à la politique du jour.
Elle demande que l’économique devienne indépendante
de la morale et que les économistes en exprimant leur
opinion sur les mesures politiques ne prétendent point
parler au nom de la science.
« Ce serait un abus arrogant (anmasslicher Unfug) écri-
(1) Voir, par exemple, D r Cari, Menger, Untersuchungen über die
Méthode der Socialwissenschaften und der Politischen Oekonomie 1883,
p. 19,-288-291 et aussi Die Irrthümer des Historismus in der deutschen
Xationalokonomie 1884, p. 13, 56 etc. John Nevjlle Keynes, The scope
and method ef political economy. London 1897, p. 46 ss. Marshall, Prin
cipes d’économie politique, p. 144. von Phimpfovich, Ueber Aufgabe und
Méthode der politischen Okonomie. 1886, p. 15, etc.
(2) Gustav Schmoller. Politique sociale et économie politique, p. 323.