258
ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
langers réunis de Schaerbeek : « Mon collègue affir
ma également, dit-il, que depuis qu’ils ont enlevé des
porteurs de pain aux sociétés anonymes et aux coo
pératives, ils travaillent 30 sacs par jour et que les
porteurs gagnent plus d’argent que certains petits
boulangers, car ils colportent partout, cherchent des
clients là où ils peuvent en trouver afin de se débar
rasser de leur marchandise. Dans ce cas, la société
n’est plus une coopérative de patrons boulangers réu
nis : elle devient simplement une fabrique de pains.
Mon collègue avança encore que si les petits patrons
voulaient venir travailler, ils pouvaient encore gagner
cinq francs par jour ! Est-ce vraiment bien la peine
de s’être installé patron pour redevenir ouvrier, et ne
vaut-il pas mieux rester franchement ouvrier sans
assumer des charges laissant si peu de profit ? » (1).
Pour les 5 autres syndicats de production, des don
nées approfondies nous manquent. Si l’on entreprenait
une étude sérieuse sur ce sujet, on trouverait sans
doute une situation ressemblant à celle que nous a
dépeinte Madame Potter-Webb pour les coopératives
de production de l’Angleterre.
Mais les chiffres de l’Office des Classes Moyennes
suffisent pour démontrer la banqueroute du mouve
ment syndical parmi les artisans. Parmi les métiers
ayant à supporter la lutte contre les fabriques, il n’y
a que les boulangers, tailleurs et cordonniers qui
possèdent quelques groupements professionnels. Les
(1) Commission Nationale. Enquête orale, V. Vil, p. 146.