LA DÉCADENCE DE L’iNDUSTRIE A DOMICILE
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Dans l'industrie coutelière, aucun contrat durable ne
lie les parties, et il ne peut être question ni de délai
de congé, ni d'indemnité pour rupture intempestive (I).
Dans l'industrie de la ganterie à Bruxelles, le cou
Dat de louage d'ouvrage se renouvelle chaque fois
que l’ouvrier reçoit des peaux à découper ; il ne por
te oue sur une opération déterminée, si bien que
quand le gantier rapporte sa passe de gants, il est en
droit de dire au patron qu’il ne travaillera plus pour
lui, de même qu’il peut être remercié par le fabri
cant (2).
Mais à quoi bon multiplier les exemples? Dans tou
tes les industries à domicile nous trouvons la même
absence de lien juridique permanent entre l’ouvrier et
l'entrepreneur ou éventuellement le sous entrepreneur
(3). Dans la fabrique, au contraire, l’ouvrier engage
pour un certain temps ses services à un patron moyen
nant une rémunération calculée soit d'après la durée
du travail quotidien, soit d’après l’ouvrage fait, enga
gement ne pouvant être rompu que de la manière et
en observant les délais prescrits par le contrat.
L’ouvrier de fabrique, à la différence de l’ouvrier à
domicile, est l’un des rouages d’une organisation éco
nomique. 11 ne peut pas, comme ce dernier, travailler
pour plusieurs patrons simultanément. « 11 est vrai, dit
(t) Ib. v. I. i». 329
(2) Ib. v. II, ]), 43
(3) Le cas de contrat de louage de services se retrouve quelque
fois dans l’industrie à domicile, mais il ne s’agit pas alors des
ouvriers à domicile. Ainsi, dans l’industrie dentelière, des pa-
tronneuses sont payées à la journée.