Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

LA DÉCADENCE DE L’INDUSTRIE A DOMICILE 
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gravement atteinte et n’a que peu d’espoir de pouvoir 
résister victorieusement (1). Même les fils de cordon 
niers abandonnent le métier de leur père (2). 
Dans la broderie sur linge, beaucoup de jeunes filles 
fascinées par les séductions et les gros gages de la 
ville, préfèrent émigrer du village et même du pays, 
pour s’engager en qualité de domestiques (3). 
Les chemisières se plaignent d’être délaissées de plus 
en plus par la clientèle masculine qui, n’éprouvant pas 
le préjugé féminin à l’égard de la piqûre à la machine, 
montre nue préférence accentuée à l’égard des produits 
plus seyants, d’un aspect plus séduisant et moins coû 
teux de l’usine (4). Dans la lingerie de dame, où l’in 
dustrie à domicile domine et constitue la forme de 
production principale, viennent se greffer sur le travail 
en chambre certains éléments d’une fabrication centra 
lisée comme des embryons d’usine. On est encore tout 
près de l’industrie à domicile ; mais déjà s’y ajout 6 
quelque chose de la confection en atelier, germe peut- 
être d’une production plus centralisée. C’est à l’intérieur 
des locaux du fabricant que se fait la coupe, l’établis 
sement des modèles, la manutention et la distribution 
des matières, parfois aussi le repassage (5). 
Le corset est déjà entré dans l’ère de la fabrique (6), 
qui commence aussi à empiéter sur le travail à domi- 
(1) lb. v. VI. p. 238. 
(2) lb. v. VI. p. 251. 
(3) lb. v. Vlll. p. 67. 
(4) lb. v. VIII, p. 180. 
(5) lb v. IX, p. 43. 
(6) lb. v. VIII. p. 176-177. et v. IX, p. 39.
	        
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