LA DÉCADENCE DE L’INDUSTRIE A DOMICILE
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gravement atteinte et n’a que peu d’espoir de pouvoir
résister victorieusement (1). Même les fils de cordon
niers abandonnent le métier de leur père (2).
Dans la broderie sur linge, beaucoup de jeunes filles
fascinées par les séductions et les gros gages de la
ville, préfèrent émigrer du village et même du pays,
pour s’engager en qualité de domestiques (3).
Les chemisières se plaignent d’être délaissées de plus
en plus par la clientèle masculine qui, n’éprouvant pas
le préjugé féminin à l’égard de la piqûre à la machine,
montre nue préférence accentuée à l’égard des produits
plus seyants, d’un aspect plus séduisant et moins coû
teux de l’usine (4). Dans la lingerie de dame, où l’in
dustrie à domicile domine et constitue la forme de
production principale, viennent se greffer sur le travail
en chambre certains éléments d’une fabrication centra
lisée comme des embryons d’usine. On est encore tout
près de l’industrie à domicile ; mais déjà s’y ajout 6
quelque chose de la confection en atelier, germe peut-
être d’une production plus centralisée. C’est à l’intérieur
des locaux du fabricant que se fait la coupe, l’établis
sement des modèles, la manutention et la distribution
des matières, parfois aussi le repassage (5).
Le corset est déjà entré dans l’ère de la fabrique (6),
qui commence aussi à empiéter sur le travail à domi-
(1) lb. v. VI. p. 238.
(2) lb. v. VI. p. 251.
(3) lb. v. Vlll. p. 67.
(4) lb. v. VIII, p. 180.
(5) lb v. IX, p. 43.
(6) lb. v. VIII. p. 176-177. et v. IX, p. 39.