Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

LA DÉCADENCE DE L INDUSTRIE A DOMICILE 
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traient de se développer à côté de la grande fabrique ? 
Oui, répondent d’aucuns, e’est à elle que sera toujours 
réservé le travail artistique. — Il n’eu est rieu. Nous 
avons déjà, en parlant du métier et dans la partie 
théorique de ce chapitre, essayé de démontrer le peu 
de fondement de cette conception. 
Les résultats de l’Enquête de l’Office du Travail 
nous montrent que le contraire a eu lieu ; la camelote 
est le domaine du sweating System. 
La bonneterie a su garder encore la clientèle popu 
laire belge, grâce à cette seule circonstance que celle- 
ci est dédaigneuse au degré extrême de l’élégance de la 
marchandise. Elle y renonce facilement pour la moin 
dre différence de prix. Ces dispositions particulières 
de l’acheteur permettent au fabricant de vendre des 
articles mal achevés, irréguliers, mais à bas prix (1). 
Les tisserands de laine sont parvenus à un âge où 
le travail n’offre plus ni une productivité ni une ré 
gularité très grandes. On leur donne à tisser à très 
bon compte les matières les plus mauvaises (2). 
Les produits de la cordonnerie à domicile trouvent 
seuls des acheteurs, parce que beaucoup de clients re 
cherchent actuellement une chaussure ayant une cer 
taine apparence, sans s’occuper grandement de la qua 
lité de la marchandise (3). 
Inutile de multiplier les exemples (4). Ils nous prou- 
(t) Ib. v. VII, p. 84. 
(2) Ib. v. VI, p. 118. 
0) Ib. v. VII, p. 24. 
(4) Pour l’industrie du meuble, voir v. VIIT, p. 7. Pour l’industrie den- 
telière, v. IV, p. 228. etc.
	        
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